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Article30 juillet 2021
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Lectures estivales : les coups de cœur de professionnels du secteur social

Pour la troisième année consécutive, Le Media Social vous propose une sélection de livres à découvrir cet été... ou après ! Le choix de ces ouvrages émane de 13 acteurs de l'action sociale et médico-sociale qui nous ont livré leurs coups de cœur.

Après deux premières sélections à l'été 2019 puis en 2020, nous avons demandé à des professionnels de vous conseiller un livre qui les a particulièrement émus, intéressés, qui est parfois devenu leur livre de chevet. Ces suggestions vous permettront, le plus souvent, de vous évader de votre quotidien de travail. Pour des ouvrages plus professionnels, nous vous proposons chaque mois la sélection de la rédaction (lire l'article de juin). Sans plus attendre, découvrez ces choix de lecture (classés par ordre alphabétique des noms de nos critiques littéraires d'un jour).

Magali Amrani : « De l'importance des mots qu'on écrit, qu'on dit… ou pas »

Magali Amrani dirige un service d'aide à domicile dans le Loiret. Elle préside la commission « maintien à domicile » au sein de la Fesp. DR
 Le jour où ma mère m'a tout raconté Stock

Au gré de mes déambulations littéraires, j'ai découvert ce livre, Le jour où ma mère m'a tout raconté, qui m'a profondément touchée.

Il pleut sur la voiture dans laquelle Lili, révoltée, malheureuse, se sent étouffer. Devant elle, les grilles d'un hôpital psychiatrique. Son mari, Hector, prétend que c'est pour elle la seule solution. Hector que tout le monde admire, adule, qui sait quoi penser et infliger aux autres. Pour Lili, la vie bascule. Derrière ces murs, cependant, il y a des êtres merveilleux, étonnants, attachants. Antonin, notamment ; ou encore le Mage. Derrière les murs, surtout, il y a les pages nécessaires d'un journal intime qui ramènent Lili à ses secrets, à ses douleurs et à son village natal de Corse, où tout se sait et tout se tait.

On croise trois générations de femmes, des personnages incroyables et pleins de poésie. Ce roman décrit un univers psychiatrique dans lequel plane le souvenir de Camille Claudel, Il nous parle de transmission et d'héritage familial, de l'égoïsme des hommes aussi (pas tous !). Enfin il y est question de réparation. De l'importance des mots qu'on écrit, qu'on dit… ou pas, ceux qui nous blessent, ceux qui nous sauvent aussi.

C'est un livre sublime, subtil, fin et tellement puissant : il est beau tout simplement !

Le jour où ma mère m'a tout raconté, Philippa Motte, Stock, 2021.

Marianne Auffret : « Trois étés dans l'usine de papier du Québec »

Marianne Auffret est directrice de l'Union nationale pour l'habitat des jeunes (Unhaj). Lire son portrait. DR
Chroniques de jeunesse Delcourt

Cette nouvelle année de crise a jeté une lumière particulière sur « l'état de la jeunesse » : jeunesse à la peine ou déboussolée, mais aussi jeunesse reprenant malgré tout conscience d'elle-même comme groupe. La chronique de jeunesse, ce passage sensible de l'enfance à l'âge adulte est pourtant un motif ancien, marqué notamment par le récit initiatique de l'entrée dans le monde du travail… ou parfois d'ailleurs de son absence.

Cette année, les pérégrinations du bédéiste Guy Delisle nous emmènent sillonner la période fondatrice des trois étés qu'il a passés à l'usine de papier dans son Québec natal. Il y est alors ouvrier, dans cette usine grise, bruyante et chaude, avec ses gigantesques rouleaux compresseurs et sa mécanique implacable. Figure poétique de la transformation d'une matière à une autre – de la pâte informe au papier du livre imprimé –, l'usine est aussi la métaphore potentielle de l'écrasement que ce travail répétitif et harassant peut produire sur les hommes. On y croise la figure du père de l'auteur, cadre dans la même usine, homme solitaire et peu enclin à partager, mais aussi celles des ouvriers qui travaillent là à l'année et pas seulement l'été. Dans la salle de pause commune, les destins différents se dessinent…

Chroniques de jeunesse, Guy Delisle, Delcourt, 2021.

Benoît Calmels : « L'amitié, la vraie, plus forte que tous les travers de la vie »

Benoît Calmels dirige l'Union nationale des centres communaux et intercommunaux d'action sociale (Unccas). Patricia Marais
L'homme qui voulut être roi DR

Sans doute parce que ce livre meublait la bibliothèque de la maison familiale de vacances, j'ai lu et relu, année après année, L'homme qui voulut être roi de Rudyard Kipling. Livre parfait pour les congés. De l'aventure, de l'ailleurs, un livre où chacun se rêve en aventurier devenu roi. Kipling a cette facilité de mêler l'aventure et le tragique en le parsemant d'humour si britannique.

Ce livre trouve, en plus, toute sa place alors que les neuf prochains mois seront voués aux ambitions.

L'aventure de deux hommes qui se rêvent roi, élaborent un plan parfaitement construit, se forgent des alliances et finissent par atteindre l'objectif ultime de la conquête du pouvoir jusqu'à ce que... Jusqu'à ce que les promesses non tenues battent en brêche ce rêve trop bien construit.

Ce livre a une fin tragique mais d'où ressort, pourtant, une forme d'espoir. Celui de se dire que l'amitié, la vraie, est plus forte que tous les travers de la vie… Après avoir rédigé ces quelques mots, c'est décidé, je glisse le livre dans ma valise.

L'homme qui voulut être roi, Rudyard Kipling, Folio, 1973.

Stéphane Corbin : « Un univers particulier où le temps se distend »

Stéphane Corbin est directeur adjoint de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA). DR
Histoires de la nuit Les Éditions de Minuit

Je connais Laurent Mauvignier depuis notre jeunesse commune à Tours où nous passions beaucoup de temps, trop sûrement, à refaire le monde des hommes. Des hommes, c'est justement le titre du titre du roman qui l'a révélé en 2009 et qui est aujourd'hui porté à l'écran par Lucas Belvaux.

Histoires de la nuit, son dernier ouvrage, est sorti juste avant la crise sanitaire. Cela peut apparaître comme une provocation, après cette longue période de confinement, de suggérer comme conseil de lecture d'été un livre de plus 600 pages au titre plutôt sombre, alors que beaucoup rêvent de soleil et d'évasion.

Dépassez cette réticence car, avec ce roman, Mauvignier vous invite à une véritable expérience de lecture. Ouvrir ce livre, c'est entrer dans un univers particulier où le temps se distend. C'est aussi prendre le risque de ne plus pouvoir le lâcher tant vous serez embarqué par cette histoire (ces histoires) qui mêle tous les genres littéraires, du roman noir à la saga familiale.

Ce roman magistral vient interroger des itinéraires complexes. Sans être un livre à thèse, il nous en dit beaucoup sur la diversité de nos territoires avec leurs zones de relégation. Après la lecture d'Histoires de la nuit, vous ne pourrez jamais oublier les vies de Marion, de Bergogne ou de Christine, ces gens de La Bassée, ce monde des oubliés.

Histoires de la nuit, Laurent Mauvignier, Éditions de Minuit, 2020.

Audrey Dufeu : « Deux amants de toujours dans un Ehpad, envers et contre tous »

Audrey Dufeu est députée LREM de Loire-Atlantique. Elle est l'autrice d'un rapport sur la place des personnes âgées. Garnier studio
Bientôt minuit Flammarion

Bientôt minuit raconte l'histoire de deux amants de toujours qui se retrouvent dans un Ehpad, envers et contre tous.

Le récit aborde de nombreux thèmes d'actualité liés au vieillissement. Les histoires de vie des deux personnages clefs et de leurs voisins de chambre dénoncent les discriminations à l'égard des aînés. Ce livre m'a confortée dans le fait que l'affirmation des droits des personnes âgées en institution était cruciale pour prévenir l'âgisme, voire dans ce cas précis la maltraitance. J'ai souri, beaucoup ri, même !

De nombreuses anecdotes m'ont rappelé des rencontres similaires avec des patients que j'avais accompagnés lorsque j'étais soignante, avant de devenir députée. J'ai été très émue par la tendresse et l'intensité de la relation entre les deux protagonistes. Le lien qui les unit est intemporel.

L'autrice, dans le clou du spectacle, un peu burlesque, nous percute avec la nécessité absolue de faire en sorte que chacun puisse vivre sa vie comme il l'entend. Et cela, quel que soit son âge !

Bientôt minuit, Marie Pavlenko, Flammarion, 2021.

Pierre Henry : « Une balade durable le long de votre échine »

Pierre Henry, ancien directeur général de France Terre d'asile, préside l'association France fraternités. DR
Le chemin des morts Gallimard

Une émotion, une odeur, un bruit, une exigence morale… Lorsque se referme la dernière page d'un livre, le travail de mémoire commence. Dans cette transmission exigeante, réside tout le talent de l'écrivain, se dessine la puissance d'une œuvre.

Je vous propose deux livres qui résistent aux modes. Attention, autant vous prévenir, ils ont une vie propre et pourraient bien entamer une balade durable le long de votre échine. D'abord, Le chemin des morts de François Sureau. Ces 50 pages d'une écriture limpide interrogent la justice des hommes, mettent la conscience à rude épreuve. Un précis d'humilité publié en 2012, qui devrait être mis dans les mains de toute personne qui prétend ou qui a à juger ses semblables. À la fin, il reste un nom, Javier Ibarrategui, et une interrogation du narrateur : aurais-je pu faire autrement ?

L'Africain Mercure de France

Ensuite, l'Africain de Jean-Marie Le Clézio. Un récit épique adressé à son père, un dialogue impossible mené à partir d'une mémoire d'enfant brûlée par la rencontre avec une Afrique aussi réelle que fantasmée. Il aurait fallu, écrit-il, grandir en écoutant un père raconter sa vie, pour qu'il montre les papillons rares, les pas du tonnerre, les ruisseaux couleur de sang sur la terre craquelée… Je vous ai prévenus. Vous ne ressortirez pas indemne de cette lecture.

Le chemin des morts, François Sureau, Gallimard, 2013.

L'Africain, Jean-Marie Le Clézio, Mercure de France, 2004.

Olivier Huet : « L'humanité de ceux qui perdent avec le sourire »

Olivier Huet est directeur général de l'École pratique de service social (EPSS). DR
 Borgo Vecchio Les Éditions noir sur blanc

J'aurais pu vous parler du regard clinique et empreint d'une merveilleuse humanité de Joy Sorman dans son À la folie ; ou du si intelligent essai sur le ressentiment de Cynthia Fleury, Ci-gît l'amer.

J'aurais pu vous parler du plaisir de lire ou relire Romain Gary, avec sa si touchante et si drôle Angoisse du roi Salomon, ou de La Chamade, dans lequel Françoise Sagan, de sa langue ciselée, explore les atermoiements et les magnifiques errements de l'amour. J'aurais pu, encore et encore…

Mais je vous parlerai du Borgo Vecchio de Giosuè Calaciura.

Un quartier pauvre de Palerme, des amis d'enfance, des rêveurs et une putain magnifique. Une langue poétique, émouvante et souvent très drôle. Une plongée dans l'humanité de ceux qui perdent avec le sourire, avec l'espoir et la joie des enfants.

« Il s'appelait Domenico, mais il ne le savait pas » est la première phrase de ce court roman. Elle dit, à elle seule, l'incapacité de certains hommes ou femmes non pas, en fait, à savoir ce qu'ils sont mais à être dans ce monde qui ne veut pas d'eux.

Borgo Vecchio, Giosuè Calaciura, Les Éditions noir sur blanc, 2019.

David Laumet : « Le panache, l'aventure et… la noirceur »

David Laumet est éducateur, chef de service d'un centre d'hébergement. Il est membre du comité éditorial du Media Social. DR
Les Trois Mousquetaires Le Livre de Poche (dernière édition)

C'est l'été, et l'occasion de se plonger dans ce classique que tout le monde connaît et que peut-être peu ont lu.

Si le panache et l'aventure sont présents, la noirceur aussi. Les personnages, tous extrêmement incarnés, sont loin d'être aussi manichéens que ce que le cinéma ou l'imagerie populaire ont pu véhiculer. D'Artagnan se révèle par moment être un sacré relou prétentieux.

La terrible Milady de Winter est encore plus terrible dans le roman que dans les différents films tirés du bouquin. Dumas nous dessine admirablement le portrait et la complexité de cette femme impressionnante. L'auteur fait de même pour le magnifique mais impitoyable Athos, mon personnage préféré. Richelieu, lui-même figure machiavélique s'il en est, apparaît profondément humain.

Le tout est tressé d'un ton enlevé, feuilletonnesque, avec du suspense, des rebondissements, de l'aventure et, je le redis, de la noirceur… Bref, que du bonheur !

Les Trois Mousquetaires, Alexandre Dumas, 1844 (diverses éditions).

Vincent Lochmann : « La charpente ou l'éthique du faire »

Vincent Lochmann est journaliste et consultant. Il est membre du comité éditorial du Media Social. DR
La vie solide Payot

Ce n'est pas seulement parce que Arthur Lochmann est le fils de mon frère que je vous invite à cette lecture (s'il avait été le fils de ma sœur et ne portait pas le même nom que moi, ça m'aurait évité cet aveu !). Avec La vie solide, le jeune auteur raconte comment il a choisi de devenir charpentier après un parcours universitaire. Il y raconte la relation au bois, le travail en équipe, la transmission des savoirs, le plaisir de voir une « œuvre » terminée…

Dans un monde « liquide » où la quête du sens devient une interrogation pour toute une génération, la charpente proposerait, selon Arthur, une éthique du faire. Le texte part de ses expériences personnelles et ouvre sur une réflexion philosophique pour agir au quotidien. La vie solide part du travail pour y revenir en nous faisant faire en chemin de joyeuses rencontres. La version poche vient de sortir. A lire avant son prochain ouvrage. Je vous donne un scoop : il y sera question de vertige...

La vie solide, Arthur Lochmann, Payot, 2019.

Patrick Montagard : « Penser autrement notre vie »

Patrick Montagard a été longtemps directeur d'Ehpad. Il est maintenant consultant. DR
Approche systémique des institutions de soins Elsevier Masson

L'été reste marqué par la situation sanitaire et pourtant, nous n'avons jamais été aussi proches de la sortie de cette crise. Notre quotidien est encore impacté et reste sous l'influence de ce virus. Toutefois, les quelques semaines de vacances à venir vont permettre de changer notre contexte de vie, notre environnement. Elles sont l'occasion d'expérimenter de nouvelles sensations, de nouvelles émotions, de penser autrement notre vie, en résumé de modifier notre système de vie quotidien dans les relations avec la famille, les proches, les autres.

Prendre le temps de penser les relations et interrelations est déjà une ouverture à la pensée systémique, à une vision englobant les différents éléments qui influencent notre qualité de vie. Le livre Approche systémique des institutions de soins nous accompagne dans cette vision globale, dans les fonctions des situations dysfonctionnelles au regard de notre environnement, dans le principe d'homéostasie présent dans les systèmes complexes. Tous ces liens nous invitent à modifier nos regards, nos approches de la vie, ensemble, avec nos différences. Un bel été à distance et relié.

Approche systémique des institutions de soins, Karine Albernhe et Thierry Albernhe, Elsevier Masson, 2020.

Prosper Teboul : « L'art de se gouverner soi-même » 

Prosper Teboul est directeur général d'APF France handicap. DR
L'Homme de cour  Folio classique (2010)

Rien de tel qu'une plongée dans le XVIIe siècle pour savourer des maximes qui fonctionnent parfaitement, encore aujourd'hui, avec une justesse étonnante de modernité ! Je vous invite à découvrir Baltasar Gracian, jésuite espagnol, essayiste et écrivain rebelle, familier de la cour du roi d'Espagne Philippe IV et contraint à l'exil les dernières années de sa vie.

Esprit frondeur et incisif, Baltasar Gracian publie, en 1647, L'Homme de cour, recueil de 300 maximes et aphorismes. Il nous livre une réflexion sur l'art de se gouverner soi-même et, plus largement, sur la condition humaine et mondaine. J'ai découvert cet ouvrage il y a plus de 20 ans et j'avoue que, depuis, il est devenu un véritable compagnon de route qui m'accompagne et m'inspire régulièrement.

C'est un traité que l'on met dans sa poche, que l'on picore, que l'on savoure, que l'on délaisse quelque temps pour mieux le reprendre ensuite tant il fourmille de traits psychologiques pleins de vérités et de piquants.

Je vous livre, en guise d'amuse-bouche, deux courts extraits qui vous donneront peut-être envie d'embarquer, à votre tour, l'ouvrage dans votre poche : « Il n'y a pas de maître qui ne puisse être élève » et « Oui et non sont bien courts à dire mais, avant de les dire, il faut penser longtemps. »

L'Homme de cour, Baltasar Gracian, 1647 (diverses éditions).

Marie-Reine Tillon : « Les camarades de bordées, les ports, les tempêtes... »

Marie-Reine Tillon est présidente de la fédération de l'aide à domicile UNA.  Matthieu Suprin
 Horn  Terres de couchant

Horn, plus qu'un livre : une pépite !

Horn, c'est Alexis, dit aussi Le Dogue ou Bonhomme, qui raconte à l'envi ses passages du Cap Horn, « monstre mythique, dont la carapace – falaises et crevasses cousues entre elles – plongeait dans une mer grosse peuplée de milliers d'âmes en peine ».

Horn, vieux loup de mer, aux yeux « de la couleur d'un bronze florentin, la patine d'or sous le bleu carnassier », est profondément humain, riche de ses périples, mais aussi des équipages qu'il a commandés. Il raconte les camarades de bordées, les ports, les tempêtes, des paquets de mer. C'est aussi un père, très proche de son fils unique meurtri à jamais par la guerre et la trahison.

Revenu chez Horn, son grand-père, le narrateur y retrouve les images du passé, les silences et les secrets de cette famille d'hommes rudes désormais disparus. Venu comprendre les blessures du passé, ce sont les hommes, en particulier Horn, qu'il voit ressurgir.

Précipitez-vous sur cette merveille. Découvrez la plume percutante, poétique, magique d'Alain Emery qui brosse des portraits comme personne, et magnifie les paysages.

Horn, Alain Emery, Terres du couchant, 2021.

Anne Troadec : « Penser à ceux qui nous ont fait grandir » 

Anne Troadec est directrice générale adjointe du pôle social de la Savoie. Elle préside l'Association nationale des directeurs d'action sociale et de santé des départements et métropoles (Andass).  DR
Je ne serais pas arrivée là si...  Grasset / Le Monde

Quel choix difficile que celui de trouver un ouvrage à partager quand on en lit beaucoup !

Deux tiennent la corde, et ils se répondent : Je ne serais pas arrivée là si… d'Annick Cojean et Femmes puissantes de Léa Salamé. Compilations d'entretiens publiés dans Le Monde ou diffusés sur France Inter, j'ai eu plaisir à les retrouver après les avoir déjà lus ou entendus pour certains.

Femmes puissantes France Inter / Les Arènes

Ces deux ouvrages parlent des femmes et de la construction de leur parcours, de ceux qui les ont soutenus, souvent de leur mère, de leurs grands-mères, de l'enfance, de la maternité… De la difficulté parfois de trouver sa place dans ce monde, des déraillements de la vie qui obligent à sortir des chemins tracés. Ces livres, et en particulier celui d'Annick Cojean, nous parlent de ce qui fait la vie : « Quel hasard, quelle rencontre, quel accident, quel caractère, peut être aussi quel drame ont aiguillés ma vie ?»

Quand on fait nos métiers, on peut parfois se décourager. Ces entretiens nous invitent à penser à ceux qui nous ont fait grandir et à continuer de poursuivre le combat pour toux ceux qui ont besoin de nous. Alors sur la plage ou sous un arbre, je vous invite à rencontrer ces femmes qui comptent et qui se livrent avec beaucoup de délicatesse. Elles sont toutes admirables et inspirantes.

Je ne serais pas arrivée là si…, Annick Cojean, Grasset / Le Monde, 2018.

Femmes puissantes, Léa Salamé, France Inter / Les Arènes, 2020.

Coordination : NoëlBOUTTIER
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