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Article03 février 2021
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Un numérique à réinventer avec les acteurs sociaux

"Quel numérique voulons-nous demain pour le travail social ?" Telle était la question posée pour le dernier webinaire organisé par l'IRTS Montrouge Neuilly-sur-Marne et le Media social. Il appartient aussi aux travailleurs sociaux d'inventer un numérique pour tous.

Les outils numériques donnent-ils de l’autonomie aux personnes accompagnées ? Affirmatif, répondent 62 % des professionnels sociaux, dans un sondage en ligne proposé par l’IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne et le Media social, pour leurs quatre webinaires consacrés, depuis novembre, au « numérique en travail social » (Numets). Et selon 57 % des participants, l’informatique et les télécommunications peuvent même « enrichir la relation socio-éducative »...

Certes, ce baromètre, révélé le 19 janvier pour la dernière de ces conférences en ligne, indique aussi des craintes et des regrets, face à l’irruption du numérique dans le travail social. Mais ces marques d’optimisme ne rendaient que plus légitime la question posée, pour ce dernier épisode, par Clément Bosqué, directeur de l’école de Montrouge, et Anne Simonot, journaliste au Media social Emploi : « Quel numérique voulons-nous demain pour le travail social ? »

Un « potentiel émancipateur » 

Au fond, avec ces nouvelles technologies, « il y a toujours un potentiel émancipateur, sous conditions », réagit Jacques-François Marchandise, le délégué général de la Fédération internet nouvelle génération (Fing), qui défend un « numérique ouvert, humain et durable ». Pour son organisation, l’un des questionnements est donc de savoir « à quelles conditions le numérique est capacitant ou incapacitant ». Et à travers ces réflexions, ce philosophe de formation espère bien pouvoir « sortir d’un fatalisme numérique ». Le binaire est aussi entre nos mains.

Construire un « numérique humaniste »

Une même résolution s’entend chez Dominique Pon, directeur de clinique à Toulouse, et responsable du « numérique en santé » au ministère des Solidarités. « Le numérique, c’est l’imprimerie de notre époque », illumine-t-il d’emblée. Comment en faire le support d’un prochain siècle des Lumières ? La toile, pour l’heure, se déploie sur un modèle libéral et libertaire, né des États-Unis, ou bien autocratique, « à la chinoise ». Et il le déplore : « On ne construit pas notre propre modèle humaniste du numérique », qui serait non seulement « souverain » des multinationales, mais aussi « citoyen » et démocratique, et enfin, « éthique ».

Un coffre-fort pour le médico-social

« Il faut que l’État reprenne son rôle » en bâtissant toutes les infrastructures nécessaires, plaide donc Dominique Pon. Et il y travaille lui-même concrètement, au ministère de la Santé. En janvier 2022 doit ainsi être proposé un « espace numérique de santé », un « coffre-fort numérique » garanti par l’État, dans lequel chacun pourra stocker ses données, pour les partager s'il le souhaite. Et une déclinaison doit maintenant en être construite, par des acteurs du médico-social eux-mêmes, avec un budget de 600 millions d’euros.

Pour un numérique inclusif

Pierre-Louis Rolle, lui aussi, contribue à rendre le numérique plus démocratique. Depuis l’Agence nationale de cohésion des territoires, il œuvre, depuis trois ans, à la Stratégie nationale pour un numérique inclusif. « C’est une politique publique d’autonomie », définit-il. « On vise à développer l’acquisition de compétences numériques par l’ensemble de la population française. »   

Mandat aux travailleurs sociaux

Et cet effort vient de s’amplifier, de 250 millions d’euros précisément, avec le plan de relance engagé cet été face au Covid-19. L’effort doit déjà permettre de recruter 4 000 conseillers numériques, pour assurer de la médiation à internet, en collectivité territoriale ou en association. Mais l’enveloppe doit aussi servir aux « aidants numériques », notamment les travailleurs sociaux. Dès cette année, le service « aidants connect » permettra ainsi de conserver un mandat d’une personne accompagnée, pour faire ses démarches administratives à sa place, si nécessaire. En outre, des formations au numérique doivent être proposées dès ce printemps aux acteurs sociaux – en complément du plan de formation déjà engagé avec la Stratégie nationale contre la pauvreté.

Choisir son outil

« Nous ne voulons pas d’une technologie qui nous remplace, nous voulons une technologie qui nous aide », conclut Jacques-François Marchandise, au terme de ce quatrième webinaire sur le numérique en travail social. Il appartient également aux travailleurs sociaux de passer leurs commandes.

Le webinaire du 19 janvier 2021, « quel numérique voulons-nous demain pour le travail social », est disponible en rediffusion jusqu'au 28 mars.

Vous pouvez retrouver tous nos articles sur ce thème, notamment autour des quatre webinaires, dans notre dossier « Numérique et travail social ».

OlivierBONNIN
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