« De nombreuses réserves et interrogations ont été exprimées, à la fois sur la temporalité dans laquelle s’inscrit cette réforme et sur le principe de faire voter une loi-cadre en renvoyant l’essentiel des dispositions de l’ASU [allocation de solidarité unifiée] à des décrets publiés dans deux ou trois ans. »
Dans un avis du 27 mai, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE) formule de vives réserves sur le futur projet de loi créant l'ASU, une réforme qui semble d'ailleurs de plus en plus compromise.
Le texte prévoit d'unifier le mode de calcul de trois prestations : le RSA, la prime d'activité et les aides personnelles au logement (APL).
Sur le fond, l'instance consultative se montre tout aussi critique. Elle s'oppose notamment à l'intégration des aides au logement dans l'ASU, estimant que leur finalité ne relève pas de l'insertion professionnelle mais bien de « la satisfaction des besoins de logement ». Le CNLE redoute aussi une réduction des droits sociaux des personnes sans emploi et un appauvrissement accru des plus modestes.
L'ASU risque de faire beaucoup de perdants parmi les ménages aux bas revenus et d'accroître le non-recours aux prestations sociales, craint le CNLE. Une telle réforme pourrait renforcer « le sentiment d’insécurité des personnes pensant ne pas être concernées par l’ASU ou craignant qu’une erreur déclarative ne leur fasse perdre les trois prestations ».
Les collectivités locales pourraient elles aussi subir des effets négatifs. La mise en place d'un revenu social de référence risquerait, selon le CNLE, de limiter la capacité des élus à adapter leurs politiques sociales aux réalités locales. À terme, cela pourrait éloigner davantage certains publics des services publics et accentuer leur isolement.
Face à cette impasse, le CNLE « plaide pour l’ouverture d’une large concertation en vue d’une réforme ambitieuse de simplification des prestations sociales. »
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