Dans cette tribune*, Laurent Mélito, sociologue d'intervention, questionne la réforme des diplômes du travail social : face à la crise d'attractivité du secteur, revoir les formations ne suffira pas sans agir sur les conditions concrètes d'exercice des métiers.
Depuis le 1er septembre 2026, quatre des cinq diplômes d'État de niveau licence du travail social – assistant de service social, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé et éducateur de jeunes enfants – sont soumis à une architecture commune organisée autour de blocs de compétences partagés [1].
Portée par des arrêtés publiés en octobre 2025, cette réforme entre en vigueur alors que le secteur traverse une crise d'attractivité que le Haut conseil du travail social jugeait sans précédent dans son Livre blanc de 2023.
Selon la Drees, 80 % des employeurs de professionnels du social anticipaient en 2022 des recrutements difficiles, contre 58 % toutes professions confondues. Le même Livre blanc relevait que 71 % des établissements du secteur rencontraient des difficultés de recrutement.
Pour 2026, l'Observatoire des métiers du soin et du lien de l'Opco santé recense plus de 21 000 recrutements prévus dans les métiers socio-éducatifs, dont environ la moitié sont jugés difficiles.
Une réforme en pleine crise d'attractivité
La protection de l'enfance illustre particulièrement cette tension. C'est l'un des champs où le recrutement reste le plus difficile. Or la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, annonçait en janvier 2026, pour son projet de loi sur la protection de l'enfance, l'objectif de « replacer le parcours de vie de l'enfant au cœur de notre système »

