Depuis la crise sanitaire de 2020, l'emploi dans l'économie sociale et solidaire (ESS) ne s'était jamais aussi mal porté. Selon le baromètre établi par ESS France, l'année 2025 a vu une perte nette de 10 447 emplois sur un volume global de 2,7 millions de salariés. À noter que la baisse a été plus marquée au 4e trimestre, augurant une poursuite de la tendance en 2026. Président d'ESS France, Benoît Hamon parle d'un « risque majeur de disparition de services essentiels ».
Dans le détail des chiffres, on se rend compte que l'hémorragie est plus importante parmi les associations (très dépendantes des subventions) puisque la perte d'emplois y est supérieure à 12 000 (- 0,68 %). L'emploi mutualiste est encore plus affecté par la baisse (- 1,95 %) alors que les fondations et les coopératives continuent à augmenter leurs effectifs.
Selon les secteurs d'activité, les tendances sont très diverses. Si, notamment, la santé, l'hébergement social et médico-social (+ 2 427 emplois) voient leurs effectifs augmenter, ce n'est pas le cas pour l'aide à domicile (- 1 723 emplois, soit - 0,8 %) et surtout pour l'action sociale sans hébergement (- 2 807 emplois, soit - 0,6 %). ESS France note par rapport à cette dernière catégorie un clivage entre les activités d'accueil de jour et de médiation sociale, en recul, contrairement à l'accueil sans hébergement des enfants et adolescents, en progression.
Sur le plan géographique, la façade atlantique, ainsi qu'Auvergne-Rhône-Alpes, résistent mieux à la décrue alors le tiers Est de la France, tout comme l'Occitanie, ont été plus affectés par le recul de l'emploi dans l'ESS.
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