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Crise financière des associations : comment en est-on arrivé là ?

Longs FormatsAlexandra LUTHEREAU15 janvier 2026
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Besoins sociaux en hausse continue, baisses des subventions, augmentation des charges, mais aussi logique marchande des appels d’offres… Les associations sont au bord de l'asphyxie. Et déjà, les conséquences sur les structures, les professionnels et les publics accompagnés se font concrètement sentir.

Associations de solidarité en voie de disparition, effondrement, ça ne tient plus… Les mots pour décrire la crise dans laquelle sont engluées les associations du secteur social et médico-social sont aussi éloquents que les chiffres. 

D’après une enquête publiée en septembre 2025 par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) dans une association sur quatre est menacée de disparition, tandis que la moitié voit sa trésorerie se dégrader depuis trois ans. La Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (Fehap) indique quant à elle que 77 % de ses établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) adhérents étaient déficitaires en décembre 2022. Selon l’Inspection générale des finances (IGF), entre 41 et 43 % des établissements et services d'accompagnement par le travail (Esat) sont également structurellement déficitaires sur leur budget commercial.

Une crise structurelle

Pour les associations, la crise est d’abord structurelle. Les besoins sociaux sont en hausse continue depuis des années. Dans la protection de l’enfance, le nombre d’enfants accompagnés est passé de 300 000 à 400 000 en 15 ans. Le nombre de mineurs non accompagnés augmente, les dispositifs d’hébergement sont saturés, le nombre de personnes à la rue augmente chaque année…

Pour autant, les budgets attribués par l’État, les départements ou les fonds européens ne suivent plus. Par exemple, au sein d’Acséa dans le Calvados, « l’enveloppe budgétaire de notre centre d'hébergement d'urgence n’a connu aucune augmentation ces dernières années », explique Pascal Cordier, directeur de l’association.

L'effet ciseau

Pierre-Alain Sarthou, directeur général de la Cnape. Célia Bonnin