« On ne cultive pas un jardin sans eau. » Dans un communiqué commun du 9 juillet, les différentes organisations de l'économie sociale et solidaire (ESS France, Udes, Coorace…) mais aussi d'élus, comme l'Association des maires de France (AMF), expliquent pourquoi elles se sont abstenues sur le projet de texte de « stratégie nationale de développement de l'ESS », finalement adopté simplement grâce aux voix des représentants de l'État.
Ce texte qui doit être transmis au Conseil de l'Union européenne – avec six mois de retard – n'était pas en soi contesté, les acteurs soulignant son « ambition ». Certaines dispositions étaient favorables à l'ESS, comme la stabilisation du cadre fiscal de la générosité ou un partenariat renforcé avec la Caisse des dépôts.
« Les signaux budgétaires envoyés par le gouvernement assurent d‘ores et déjà que les acteurs de l’ESS n’auront pas les moyens de mettre en œuvre [la stratégie de l'ESS] », expliquent-elles dans leur communiqué. Tous les voyants sont, en effet, au rouge pour l'ESS : lignes budgétaires en baisse, nouvelles charges comme la taxe d'apprentissage, « sous-financement chronique des établissements et services des champs de la santé et des solidarités », etc.
Et Benoît Hamon, président d'ESS France, d'ajouter sur LinkedIn : « Aujourd'hui, l'ESS licencie. L'ESS ferme des crèches, des centres d'hébergement, des centres de soins, des établissements culturels, des structures de l'insertion par l'activité économique. »
Les organisations ont considéré que « l'adoption d'une stratégie sans engagement est une contradiction qui n'apparaît pas surmontable » et ont donc refusé d'approuver cette stratégie.
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