Le nouveau mode de calcul de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) pour les travailleurs d’établissements et services d’accompagnement par le travail (Esat) risque-t-il de pénaliser les personnes concernées ?
Oui, à en croire dix associations nationales (Andicat, Apajh, APF France handicap, Fehap, Gepso, Nexem, Unapei…) qui, dans un courrier adressé à la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes âgées, demandent le report de cette réforme.
Pour rappel, celle-ci prévoit qu'à partir d'octobre 2026, les travailleurs devront déclarer leurs revenus tous les trois mois à la caisse d’allocations familiales (CAF), démarche qu’ils n’avaient pas à effectuer jusqu’à présent.
Les fédérations y voient « un risque de non-recours massif, qui mettrait les travailleurs dans des situations financières critiques ». En effet, « la déclaration trimestrielle de ressources (DTR) repose sur une démarche active du bénéficiaire, alors que la moitié des travailleurs d'Esat ne disposent ni d'un tuteur ni d'un accompagnement par un SAVS [service d'accompagnement à la vie sociale] », alertent les associations.
D’autres critiques sont évoquées comme le « risque d’erreur lié à la désynchronisation des démarches déclaratives entre l’AAH et la prime d‘activité » ou « la décision de rupture de versement dès la première DTR non retournée ».
Elles craignent aussi que ces changements induisent « une charge de travail supplémentaire pour les professionnels de terrain des Esat, aidants et tuteurs, familiaux ou judiciaires, déjà fortement sollicités ».
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