Pour sa cinquième édition, la vingtaine d'organisations membres de l'opération "Les vieux méritent mieux" se sont retrouvées dans un Ehpad proche de Paris. Les constats restent alarmants alors que le mur démographique de 2030 se rapproche. La présidentielle permettra-t-elle le sursaut collectif espéré ?
Dans le hall d'accueil de l'Ehpad de la Dame blanche, à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), en lisière du bois de Vincennes, une dizaine de résidents assis et autant de salariés debout portent à bout de bras la pancarte « Les vieux méritent mieux ». Et puis, tout le monde entonne comme un seul homme l'antienne « Les vieux méritent mieux ». Une résidente ajoute avec malice : « Et les vieux méritent du champagne ».
« Ne pas déranger le personnel »
Pour la 5e édition de cette opération initiée par la Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) et portée aujourd'hui par une vingtaine d'organisations, le décor a changé : après un cinéma en 2022 et 2023, un espace de coworking en 2024 et une organisation adhérente (Nexem) l'année dernière, la conférence de presse a lieu, ce 14 octobre, dans un Ehpad public.
Deux résidentes, le président du conseil de la vie sociale (CVS) local et une aide-soignante ont ainsi témoigné. « J'admire le personnel. Souvent, je leur entends dire : "Je ne peux pas venir tout de suite car je suis toute seule". Alors je ne demande rien pour ne pas déranger. » Madame Lacombe résume bien les conséquences du manque de personnel. Ce que Marie-Odile, l'aide soignante, prolonge : « Dire à une personne âgée "vous pouvez patienter", ce n'est pas normal. »

