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Article27 janvier 2021
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Enfants placés : que fait la télévision publique ?

France 3 a programmé le 27 janvier une enquête sur les mineurs placés par l'aide sociale à l'enfance. Avant même sa diffusion, des commentaires ont été exprimés par des acteurs de la protection de l'enfance, du Gepso au département de la Gironde.

Voilà un reportage qui aura fait réagir avant même d'être diffusé, mercredi 27 janvier sur France 3, en première partie de soirée. Les professionnels de la protection de l'enfance pourraient, certes, se sentir interpellés par la lecture de son titre : « Enfants placés : que fait la République ? ».

En réalité, cette interrogation provient de l'auteur même de l'enquête, le journaliste Sylvain Louvet, qui donne ainsi suite à son précédent documentaire, retentissant, où il décrivait les mineurs en foyer comme des « sacrifiés de la République ».

Des foyers en « bouc émissaire »  

Diffusé en janvier 2019, ce premier reportage « prenait pour cibles les établissements de protection de l'enfance, personnification médiatique du bouc émissaire, contribuant à cacher les véritables difficultés d'un fonctionnement à bout de souffle », se souvient Marie-Laure de Guardia, la présidente du Gepso, dans une tribune publiée, le 27 janvier au matin, par le Huffington post.

Avant même la diffusion du deuxième volet, elle espérait donc qu'il ne ferait pas des foyers de l'enfance « les responsables de tous les maux » mais qu'il offrirait, plutôt, « une vision d'ensemble » de la protection de l'enfance.

Dépasser l'information compassionnelle

Cette porte-voix des établissements publics sociaux espère en effet dépasser « l'information compassionnelle » sur les enfants placés. Afin de « pouvoir porter à l'écran une autre réalité », elle lance d'ailleurs un appel à tous les volontaires « pour la réalisation d'un film documentaire qui montrerait, sans complaisance ni options réductrices, la réalité des professionnels engagés au quotidien »

Conférence de presse en Gironde

Quant au conseil départemental de la Gironde, il a jugé utile d'organiser, ce mercredi après-midi, une conférence de presse consacrée à sa politique « en faveur de la protection de l'enfance »... Après une brève énumération des avancées de l'année écoulée, durant laquelle la regrettée vice-présidente Emmanuelle Ajon « a beaucoup œuvré », le président du département, Jean-Luc Gleyze, a aussi souhaité dire « un mot sur le reportage de ce soir ».

Un foyer mis en cause

Et pour cause : dans l'enquête de 2019, de graves maltraitances avaient été filmées, en caméra cachée, au sein du foyer de l'enfance d'Eysines, géré par le Centre départemental de l'enfance et de la famille (CDEF) de la Gironde. Dans le second volet, « nous avons souhaité que le journaliste puisse faire un point d'étape de l'évolution du centre depuis son premier reportage », explique l'élu socialiste, en évoquant trois jours de tournage en février 2020.

L'établissement « apaisé » 

En effet, détaille Jean-Luc Gleize, les effectifs de ce foyer ont été sensiblement diminués : alors qu'il concentrait 80 % des enfants confiés au CDEF, l'établissement d'Eysines n'en accueille plus que 20 %, prioritairement au titre de l'accueil d'urgence désormais.

Avec 700 nouvelles places programmées, en un an, à travers la Gironde, le département a « la volonté d'accélérer la réorientation de ces enfants », de préférence vers de petites unités de vie, « pour une meilleure qualité de prise en charge ». Désormais, « l'établissement est apaisé », conclut le président, citant même un budget en baisse de 70 % pour les réparations occasionnées par les violences des enfants… Avec son reportage de 2019, France 3 pourrait donc bien avoir contribué à quelques progrès dans la protection de l'enfance.

OlivierBONNIN
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