Alors que le ministère de la Justice prévoit de transformer les centres éducatifs fermés (CEF) en unités judiciaires à priorité éducative (UJPE), le secteur associatif habilité s’inquiète des conséquences de cette réforme. Pour la Cnape, qui fédère une grande partie des associations gestionnaires de CEF, la réforme soulève de nombreuses questions, comme nous l'explique Marlène Viallet.
Sur les soixante centres éducatifs fermés (CEF) existants, 41 sont gérés par le secteur associatif habilité et 35 relèvent d'associations adhérentes à la Cnape, la fédération des associations de protection de l’enfant.
Depuis l'annonce de la transformation des CEF en unités judiciaires à priorité éducative (UJPE), la fédération échange avec la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) pour faire remonter les inquiétudes du terrain et discuter des conditions de mise en œuvre prévue d'ici au 31 décembre 2027 pour le secteur associatif habilité. Entretien avec Marlène Viallet, responsable du pôle justice pénale des mineurs à la Cnape.
Depuis l'annonce de la transformation des CEF en UJPE, quelles sont les principales inquiétudes qui remontent du terrain ?
Marlène VialletLa principale inquiétude concerne les effectifs : aujourd'hui, un CEF fonctionne avec 26,5 équivalents temps plein (ETP). Dans le modèle UJPE, la dotation socle est fixée à 22 ETP pour 12 jeunes soit 4,5 postes en moins. Sur le terrain, la réaction est très claire : comment faire la même chose, voire mieux, avec moins de professionnels, et notamment moins d'éducateurs ?

