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Interview26 mai 2026
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Thomas Lesueur : la PJJ doit redevenir un "facilitateur" en protection de l'enfance

Le directeur de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ), Thomas Lesueur, plaide pour un réengagement du ministère de la Justice dans la protection de l'enfance et assume la transformation des centres éducatifs fermés (CEF), jugés peu différents des foyers classiques malgré des moyens renforcés.

Nommé à la tête de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) en août 2025, Thomas Lesueur défend un rôle plus affirmé du ministère de la Justice dans les politiques de protection de l'enfance, conformément aux orientations fixées par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.

Dans un contexte de crise de la protection de l'enfance, il plaide pour une PJJ « facilitatrice » entre juridictions et départements pour un meilleur pilotage du système. Il  revient également sur la réforme des centres éducatifs fermés (CEF), appelés à évoluer vers des unités judiciaires à priorité éducative (UJPE).

Le directeur de la PJJ nous a reçus au ministère de la Justice, place Vendôme, le 20 mai. Entretien.

Dans le courrier envoyé en août dernier aux professionnels de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), le ministre de la Justice disait qu'il fallait réaffirmer le rôle de la PJJ dans le champ de la protection de l'enfance. Comment faut-il l'entendre ?

Thomas LesueurLe ministre part d'un constat : 80 % des décisions en protection de l'enfance sont judiciaires, alors que la loi prévoit un principe de subsidiarité qui impose d'épuiser d'abord les voies administratives relevant des départements.

La répartition des rôles entre départements et PJJ est ancienne, elle a été réaffirmée à la fin des années 2000, quand la PJJ a cessé d'être opératrice de protection de l'enfance pour se concentrer sur la prise en charge des mineurs délinquants.

Il y a donc un désajustement : dans le domaine de la délinquance, la PJJ est opératrice ; sur la protection de l'enfance, son rôle n'est pas très clair. La PJJ est présente dans des instances quadripartites réunissant juridictions [procureurs et juges] et départements, ou encore au sein du conseil départemental de protection de l'enfance.

Mais le ministère de la Justice n'était pas assez présent dans le portage et le pilotage de cette politique publique. C'est ainsi qu'il faut comprendre le propos du ministre. Il s'est traduit notamment par le portage du projet de loi de protection de l'enfance avec la ministre de la Santé et des Familles [Stéphanie Rist].