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Scolarité des enfants placés : sortir des parcours imposés

Longs FormatsSophie LE GALL29 octobre 2026
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Au cœur des mobilisations lycéennes actuelles, les dysfonctionnements de l'Éducation Nationale concernent d'autant plus les enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance. De nombreux freins les empêchent effectivement dans leur parcours scolaire, puis dans leur poursuite d'études. Porté par des acteurs de terrain et par les réseaux d'anciens enfants placés, le sujet semble toutefois connaître de réelles avancées.

L’intitulé de la circulaire du 11 février 2026 du ministère de l’Éducation nationale, traduction concrète de la feuille de route « Scolarité protégée » engagée lors du Comité interministériel à l’enfance de 2023, pèse lourd symboliquement. En effet, parler de « réussite » des élèves confiés à l’aide sociale à l’enfance (ASE), soit 380 000 enfants et adolescents, dont 200 000 placés hors du milieu familial, ne va pas soi.

Des chiffres accablants

La réalité des chiffres est en effet accablante : 40 % des enfants placés âgés de 11 ans ont un retard scolaire à l’entrée au collège (contre 6,7 % pour l’ensemble de cette tranche d’âge) ; ils ont 4 fois plus de risques de redoubler dès l’école primaire et également 4 fois plus de risques d’être déscolarisés à 16 ans ; un tiers d’entre eux sont orientés vers des études courtes (BEP ou CAP) contre seulement 13 % des jeunes globalement ; enfin 28 % des enfants placés sont dans des classes d’enseignement spécialisé contre 4 % pour l’ensemble des élèves.

Quand ils sortent de l’ASE, 35 % des jeunes majeurs n’ont aucun diplôme ou seulement le diplôme national du brevet, et à 20 ans, seuls 4 % poursuivent des études. Une scolarité empêchée par les traumatismes de l’enfance, le handicap, les ruptures de parcours liées aux placements successifs, l’obligation à une autonomie précoce et les difficultés de l’Éducation nationale à prendre en compte les besoins spécifiques d’un public vulnérable.

Trois axes

Les enfants placés ont 4 fois plus de risques de redoubler dès l’école primaire et également 4 fois plus de risques d’être déscolarisés à 16 ans. Getty images

La circulaire vise à organiser, au sein de l’institution scolaire, un accompagnement adapté à ces besoins spécifiques. Elle précise le rôle de l'Éducation nationale dans l'élaboration du projet pour l’enfant (PPE) et détaille les trois grands axes de cet accompagnement : sécuriser le parcours scolaire, notamment en s’appuyant sur des entretiens d’orientation obligatoires et renforcés à 15 et 17 ans ; structurer l’action des personnels de l’Éducation nationale au sein des départements ; renforcer les relations entre l’école et ses partenaires.