Un amendement gouvernemental au projet de loi de protection des enfants prévoit la reprise par l’État du Service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger (Snated) -119. Une perspective mal vécue par les professionnels, alors que plusieurs mesures ont été engagées pour améliorer le dispositif soumis à une forte demande.
Actuellement géré par le Groupement d’intérêt public (GIP) France enfance protégée, le Service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger (Snated) -119, créé en 1990, va-t-il connaître de profonds changements dans les années à venir ? La question se pose après que le gouvernement a déposé un amendement au projet de loi de protection des enfants, prévoyant la reprise du pilotage par l’État de ce numéro national au 1er janvier 2028.
Cette mesure semble avoir pris de court les professionnels, y compris la direction du GIP qui a découvert l’amendement le 26 octobre, soit la veille de l’ouverture des débats au Sénat.
Saturation du dispositif
Pour justifier cette mesure qui ne figurait pas dans le texte initial, le gouvernement met en avant la saturation du dispositif. Ainsi, « en 2025, sur un total de 90 669 primo-appelants, seuls 32 652 d’entre eux ont été traités par un écoutant, soit 36 % », peut-on lire dans l’exposé des motifs de l’amendement. Une situation qui résulte « d’une organisation dysfonctionnelle et d’un cadre conventionnel trop rigide ».

