Lors des Assises nationales de la protection de l'enfance, plusieurs intervenants ont souligné que l'accompagnement des enfants protégés suscite des émotions, qu'il est essentiel d'accueillir plutôt que de craindre. Retour sur les témoignages d'un chercheur en psychologie, d'un responsable de SOS Villages d'enfants, d'un juge des enfants et d'autres acteurs engagés.
« Fais-toi du souci pour les autres et sois en heureux. » Pour introduire son intervention, lors des Assises nationales de la protection de l'enfance, le 20 juin, Maël Virat cite cette formule un peu paradoxale.
Ce chercheur en psychologie à l'École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) a exploré, via une étude menée auprès de 245 professionnels, la question suivante : « Que produit l'empathie sur le vécu des personnes ? »
Cette question de l'empathie est généralement abordée à travers deux approches contradictoires : une opposition à l'injonction à la « bonne distance » ou « un moyen de se rapprocher des gens et d'y trouver du sens ».
Manque de soutien
Maël Virat résume les conclusions de son enquête ainsi : « L'empathie dans le travail diminue l'épuisement et le stress. L'hyperempathie crée moins de détresse ». Il constate également plus d'épuisement chez les professionnels de l'aide sociale à l'enfance (ASE) qu'à la PJJ.
En fait, explique le chercheur, ce ne sont pas les émotions qui peuvent déstabiliser les travailleurs sociaux, mais « le manque de soutien organisationnel et interpersonnel ». Maël Virat explicite : « La détresse morale qu'on constate est souvent liée à des obstacles qui empêchent d'agir. » Et de conclure : « Ne nous trompons pas de cible ! »