Des chercheurs, professionnels et formateurs organisaient en février dernier une journée de réflexion en hommage au sociologue du travail social Michel Autès, décédé en 2025. À l'initiative de cette démarche, Jean-Sébastien Alix revient sur la pensée singulière de ce chercheur qui a analysé la relation entre travailleurs sociaux et personnes accompagnées.
Décédé en avril 2025 à 76 ans, le sociologue Michel Autès est, avec Michel Chauvière disparu quelques mois plus tard, l’un des penseurs majeurs du travail social en France. Le 6 février, une journée de réflexions et d’hommage, organisée à Paris, a réuni chercheurs, professionnels de terrain et formateurs afin de revenir sur ses travaux et « inscrire sa pensée dans notre actualité », explique Jean-Sébastien Alix, docteur en sociologie (EHESS) et directeur du département carrières sociales à l’IUT de Lille-université, avec qui il a travaillé durant une quinzaine d’années.
En quoi la pensée de Michel Autès sur le travail social est-elle singulière ?
Jean-Sébastien AlixIl a commencé à s’intéresser au travail social dans les années 70, époque où les sociologues ont développé un regard très critique envers ce secteur. C’est la période où des chercheurs ont diffusé, dans des ouvrages qui ont eu un certain succès, l’idée que le travail social participait au processus de contrôle social et que les travailleurs sociaux étaient des éducateurs-flics.
Michel Autès s’est assez vite détourné de ces théories et n’a eu de cesse, pendant cinquante ans, de réfléchir aux fonctions sociales du travail social.

