Le chercheur Michel Chauvière est décédé le 26 décembre. Pendant quatre décennies, il a exploré les évolutions et les contradictions du travail social, démasquant les logiques mercantiles et individualistes. Martine Trapon et Didier Dubasque, anciens travailleurs sociaux, reviennent sur ce parcours très singulier.
« C'est un nouvel outil de contrôle qui cherche à rationaliser les moyens par la technocratie ». En mars 2011, Michel Chauvière s'exprimait dans TSA (l'ancêtre du Media social) sur la création de l'Agence nationale d'appui à la performance (Anap).
En une phrase, le sociologue donnait à voir une pensée singulière et radicale qui a marqué des générations de travailleurs sociaux. Michel Chauvière est décédé le 26 décembre à l'âge de 79 ans. Un hommage doit lui être rendu ce 7 janvier, à 10 h 30 au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.
Critique de la formation
Né en 1946 dans une famille populaire de la Mayenne, Michel Chauvière a été initié au militantisme via la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), mouvement contestataire des années 60-70. Il se forme d'abord à la psychologie puis à la sociologie, participant à l'expérience soixante-huitarde de l'université de Vincennes.
Il commence sa carrière comme formateur d'éducateurs spécialisés. Dans un numéro de la revue Esprit de 1972 Pourquoi le travail social ?, il critique la formation en travail social. Ses écrits et son activisme lui valent un licenciement. Démarre alors, à partir de 1975, une carrière de chercheur, d'abord comme indépendant, puis au CNRS (il finira directeur de recherches).

