Le collectif Alerte vient de publier un plaidoyer "Pour des communes solidaires, partout et pour tous" qui détaille les politiques qui peuvent et doivent être mises en place pour lutter contre la pauvreté alors que l'État est de plus en plus aux abonnés absents. Les explications de sa présidente, Delphine Rouilleault.
« Les municipalités disposent de leviers concrets pour améliorer rapidement la vie quotidienne, prévenir les ruptures, réduire le non-recours, soutenir les jeunes et les familles, sécuriser les parcours résidentiels et favoriser l’autonomie. » Dans l'éditorial du plaidoyer d'une vingtaine de pages que le collectif Alerte consacre aux municipales des 15 et 22 mars, sa présidente Delphine Rouilleault tord le cou à l'idée selon laquelle la lutte contre la pauvreté ne serait que du ressort de l'État. Elle revient sur les marges d'action des communes à six semaines du scrutin.
Votre manifeste arrive dans un contexte particulier où les associations dénoncent le désengagement de l'État…
Delphine RouilleaultVous avez raison, la lutte contre la pauvreté semble totalement désinvestie alors que le début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron avait été marqué par un vrai affichage sur cet enjeu. Mais depuis la fin du Covid, nous assistons à un retrait de la puissance publique.
Depuis la fin du « quoi qu’il en coûte », l'argent semble manquer par rapport aux urgences sociales…
D. R.L'investissement contre la pauvreté représente pourtant un investissement rentable pour les autorités car cela fait faire des économies. Par exemple, la lutte contre la précarité énergétique permet de réduire la facture des ménages et l'empreinte carbone. Nous constatons avec regret que les discours de politique générale des derniers Premiers ministres n'abordaient pas cet enjeu.
Cela voudrait dire qu'on ne croit plus possible de sortir de la pauvreté ?

