À Lyon, Guillaume Combe termine souvent sa semaine dans l’appartement de Madame S., où vivent cinq enfants dans un logement rongé par l’humidité, les fuites et les cafards. Depuis trois ans, elle y élève, outre ses 4 enfants, son neveu Aman, au titre de « tiers digne de confiance » (TDC). Une responsabilité lourde, longtemps assumée sans réel soutien.
Depuis quelques mois, un nouveau service porté par l’association Aurore a vu le jour, précisément pour accompagner ces proches auxquels la justice confie des enfants. Une alternative au placement en famille d'accueil ou en institution, soutenue par la dernière loi de protection de l'enfance, de février 2022.
Sur le terrain, les situations croisent précarité, traumatismes et tensions familiales. Beaucoup de TDC se sentent tenus d'accueillir ces enfants « par obligation morale », et se confrontent ensuite aux difficultés d'une telle mission, qui implique beaucoup de devoirs, et peu « de droits ».
Entre soutien éducatif, accompagnement administratif et travail autour des relations familiales, les travailleurs sociaux cherchent à sécuriser ces placements de proximité, en tissant progressivement des liens de confiance avec des accueillants qui ont dû jusqu'alors mener leur barque sans réel cadre ou appui.
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