L’habitat inclusif tiendra-t-il ses promesses ? Entre modernisation des Ehpad et virage domiciliaire, ce modèle s’impose comme une « troisième voie » pour les personnes âgées et en situation de handicap. Mais le changement d’échelle tarde.
Institutionnalisé par la loi Elan, renforcé en 2024, le dispositif séduit le public comme les professionnels, mais semble marquer le pas ces dernières années, bien loin de l’objectif de 500 000 solutions d’habitat intermédiaire d’ici 2050. Sur le terrain, les départements freinent, fragilisés par les difficultés de financement de l’aide à la vie partagée (AVP) – qui permet de financer les temps de vie collectifs –, tandis que les investisseurs jugent le modèle peu rentable. Résultat : appels à projets gelés, climat d’attentisme, le tout aggravé par une gouvernance floue.
Pourtant, les études d’impact soulignent des effets positifs sur l’autonomie, la santé et le répit des proches. Les bailleurs sociaux s’engagent, des colocations Alzheimer expérimentent un accompagnement intensif, et la fonction de coordinateur de vie partagée se structure progressivement.
Sur le point de quitter le gouvernement, la ministre déléguée chargée de l'Autonomie, Charlotte Parmentier-Lecocq, confirme la pertinence du modèle et le soutien du ministère à son développement, tout en reconnaissant la nécessité d'en clarifier le cadrage. Plusieurs travaux et missions en cours doivent venir préciser la gouvernance et sécuriser le modèle en 2026.
L'habitat inclusif se trouve aujourd’hui à un moment charnière : changer d’échelle sans perdre la qualité ni le sens du projet.
Pour lire l'intégralité de notre enquête long format, c'est par ici : ⇒ « L’habitat inclusif à la recherche d’un second souffle »

