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Brève26 septembre 2022
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Histoires de violences conjugales : des photos pour le dire

Jour après jour s'allonge la liste des femmes décédées suite à des violences qu'elles ont subies. Ce sujet semble échapper à tout regard photographique, sauf à tomber dans le voyeurisme. La photographe Camille Gharbi réussit pourtant le pari, en redonnant vie à ces femmes. Elle a recensé l'ensemble des féminicides, en 2016 et 2017, en repérant l'arme du crime. Un couteau, un pistolet, mais encore un coussin, un tournevis, une écharpe... tous ces objets sont photographiés, de façon très froide, clinique. Et pour chaque objet sont cités le prénom des femmes décédées, leur âge, leur lieu de mort.

Dans une seconde partie, intitulée « Les monstres n'existent pas », Camille Gharbi rencontre des hommes (et une femme) condamnés pour violences conjugales. Photographiés sans que l'on puisse les reconnaître, ils racontent comment ils en sont arrivés à commettre des violences graves, et parfois à tuer. « Je ne veux plus reproduire de la violence, parce que je sais à quoi ma violence m'a amené, et tout le mal que ça peut engendrer », dit ainsi Romain, condamné à 22 ans de réclusion.

Le livre se termine par des rencontres avec une dizaine de femmes victimes de violences et hébergées par l'association « FIT, Une femme un toit ». Dans cette partie « Une chambre à soi », elles se racontent. L'enfance, les violences, l'errance, le foyer, mais aussi l'espoir d'un nouveau départ.

Ce livre, tout à fait singulier, à la fois beau et profond, ne nous submerge pas par l'émotion. « Pour que les choses changent, il est nécessaire de les regarder en face », explique la photographe.

« Faire face. Histoires de violences conjugales » de Camille Gharbi, éditions The Eyes, 35 €.

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