La flambée des prix du carburant fragilise encore davantage les intervenantes à domicile, déjà parmi les salariées les plus précaires. Face à des indemnités kilométriques jugées insuffisantes, syndicats et organisations professionnelles alertent sur un risque direct pour la continuité des accompagnements.
« Il y a urgence pour les aides à domicile et les assistants familiaux », s'insurge la CFDT Interco, qui représente les agents des collectivités locales. Dans un communiqué du 2 avril, elle interpelle les associations d'élus locaux, notamment Départements de France, « sur les conséquences de la nouvelle hausse des prix du carburant », qui dépasse la barre des 2 euros depuis le début de la guerre au Proche-Orient.
Le syndicat les appelle à agir « sans attendre une réponse du gouvernement » : augmentation de l'indemnité kilométrique, mise à disposition de véhicules de la flotte départementale, prime de compensation… « Les possibilités ne manquent pas pour garantir aux agents de réaliser leurs missions sans prendre à leur charge les augmentations des coûts des carburants ».
Des indemnités kilométriques insuffisantes
« Le déplacement fait partie intégrante du métier d'intervenant à domicile, pour se déplacer d'un usager à l'autre, transporter les personnes accompagnées, les conduire à des rendez-vous médicaux… », rappelle Vincent Vincentelli, directeur du pôle politiques publiques à l'Union nationale de l'aide, des soins et des services à domicile (UNA).
Pour chaque kilomètre parcouru à titre professionnel, les aides à domicile perçoivent une indemnité kilométrique prévue par la convention collective de 0,38 euro par kilomètre. Dans le secteur associatif, il s'agit de la branche de l'aide à domicile (BAD).
Un taux qui n'a pas bougé alors que les prix à la pompe s'envolent. « Le surcoût du carburant qu'elles doivent payer s'impute sur leur rémunération. Objectivement aujourd'hui, elles gagnent moins d'argent », constate Vincent Vincentelli.

