La 8e édition du Festival du film social démarre lundi 5 octobre avec la projection du film Face à face. Jusqu'au 8 octobre, 19 films seront à découvrir dans 43 villes, souvent en lien avec des établissements de formation en travail social.
D'année en année, le Festival du film social s'étoffe, s’enrichit. Pour sa 8e édition, il investit 65 lieux de diffusion dans 43 villes. Par rapport à 2025, douze nouvelles villes (Le Mans, Rennes, Lorient, Ajaccio, Pau, etc.) et 22 nouveaux lieux de projection rejoignent l'événement (pour découvrir l'ensemble des séances, cliquez ici).
Pour la première fois, Le Media social est partenaire du festival. Après avoir présenté neuf films dans trois articles (lire ci-dessous), nous poursuivons notre tour d'horizon avec les dix autres œuvres en compétition. Nous serons également associés à la soirée de clôture, le 8 octobre à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).
- Trois regards sur l'enfance chahutée : Grandir, Tout va bien et Nyota, les enfants lumière
- Au plus près des personnes fragiles : L'intérêt d'Adam, Vivre encore et Seule la tendresse
- Trois courts métrages qui en disent long : Sulaimani, Sacré fils et La virginité
Autre nouveauté cette année : un concours destiné aux étudiants en travail social, organisé avec plusieurs instituts de formation et auquel Le Media social est associé. Les étudiants seront invités à écrire sur un film projeté lors du festival, en faisant le lien avec leurs apprentissages et leurs expériences de stage.
Voici les dix derniers films en compétition présentés par le président du festival, Alain Lopez.
Des liens parfois si ténus, si nécessaires
Des liens si nombreux, de nature si différente, attachent l’être humain aux autres, à ses origines, aux lieux, à son passé. Ils obligent sans doute. Ils soutiennent sûrement tout projet de vie. Quand ils se rompent ou se dissolvent, l’individu renvoyé à lui-même peine à trouver son chemin, seul dans le monde et au milieu de ses semblables. Les films de cette huitième édition du Festival du film social illustrent, les uns après les autres, l’importance et la fragilité des liens si nécessaires pour faire de chacun un humain.
À bas le soleil
Quand la cécité menace, comment continuer de danser ? Dans le film À bas le soleil, la danseuse du film est en révolte contre cette lumière en train de l’abandonner. Elle n’est pas seule. D’autres, handicapés comme elle, ont su créer entre eux des liens leur permettant d’exercer un sport collectif exigeant. Si elle les rejoint, elle parviendra à conserver une vie sociale et affective, et à toujours danser.
Une fiction de Lucien Lepoutre (France), 18 min.
Dernières nuits, premiers jours
Tant de nuits passées dans la rue. Un interminable tunnel traversé par le personnage de Dernières nuits, premiers jours. Cela paraît si simple. Un appartement, un lit, une table et des chaises. Des voisins qui vous accueillent. Entre la solitude de l’errance, partagée parfois avec d’autres aussi seuls, et l’intégration au sein d’une petite société humaine, le pas paraît si simple à franchir. Il est pourtant si difficile, quand il faut rompre avec le passé, acquérir de nouveaux codes, se faire accepter par autrui aux expériences si différentes.
Une fiction de Julien Darras et Maxime Lindon (France), 28 min.
Pippa et Léo
À peine sortie de l’enfance et déjà mère. Pippa et Léo sont à la porte de toute une vie, ensemble ou séparément. Rompre le lien dès la naissance ou le nouer à jamais. Que fera Pippa ? Elle est seule pour en décider. Avant de prendre avec Léo le chemin d’une histoire commune, Pippa réglera ses comptes avec le père qui se dérobe.
Une fiction d'Abeille Tard (Québec), 18 min.
Enfants d'hier
Les Enfants d’hier, devenus adultes, quittent seuls et sans but précis le foyer où ils ont grandi. Et les quelques attachements, tissés entre eux ou avec ce lieu de placement, se défont dans l’indifférence des professionnels occupés par les nouveaux venus, s’excusant de ne pas pouvoir sauver tout le monde.
Une fiction de Clara Diet (Belgique), 22 min.
Jolie petite histoire
Une enfant devenue adulte enquête. Sa mère est partie laissant seuls ses enfants avec leur père. Pourquoi ? La Jolie petite histoire n’a rien de bien joli. Rien ne va plus après une naissance non désirée. Le père est violent. Les parents vivent chacun leur vie de leur côté. Les enfants grandissent comme ils peuvent.
Un documentaire d'Élodie Beaumont Tarillon (France), 26 min.
Gosses
Dans sa famille, Gaspard est peut-être victime de violences. Faut-il faire un signalement et risquer de n’obtenir aucun résultat faute de preuves ? Les éducateurs hésitent, redoutant que les parents rompent le lien qu’ils ont noué avec lui en le gardant avec eux aux prochaines vacances. La même situation a déjà été vécue avec une petite fille et s’est conclue ainsi. Gosses laisse la question ouverte…
Une fiction de Juliette Ramain (France), 20 min.
Inadéquate
Identifier une mère maltraitante n’est pas si facile. Dans Inadéquate, le soupçon pèse sur la mère biologique accusée de toxicomanie, puis sur l’assistante maternelle accusée de négligence, toutes deux pourtant alliées pour soutenir le lien tissé avec une petite fille indisciplinée. Plus facile d’occuper la place de l’assistante sociale, en surplomb et sûre de son jugement…
Une fiction d'Elya Randrianaivo (France/États-Unis), 12 min.
La barrière
Plus facile aussi de tourner un film sur les migrants que de leur venir en aide. Plus facile de parler d’eux en les tenant derrière La barrière, exposés aux poursuites des policiers qui les recherchent…
Une fiction de Christophe Deram (France), 17 min.
Petits
Dès la frontière franchie, semblables à des figurines, les migrants sont si petits qu’ils pourraient être écrasés par inadvertance, enfermés en pensant les protéger, étouffés en croyant les aider. Leur taille minuscule les rend si mignons, ils semblent même être capables de sentiments pareils aux nôtres. L’impression est très fugace. Décidément, aucun lien n’est possible avec eux. Qu’ils s’en aillent ! Si seulement ils pouvaient être respectés pour ce qu’ils sont et aidés à retrouver leur taille !
Une fiction d'Isabelle Cadière (France), 18 min.
La petite école
Une tour de Babel est installée aux portes de Paris, à Ivry, dans un centre d’accueil d’urgence pour les migrants : La petite école. Des enfants irakiens, syriens, ukrainiens sont là pour apprendre la langue française, avant d’être orientés vers un autre lieu d’accueil. Tristes parfois, querelleurs, joyeux, affectueux toujours, des enfants polyglottes font de la langue française le lieu de leur fraternité, le lien qui les unit.
Un documentaire d'Alice Voisin (France), 21 min.

