Quatre ans après la crise qui a ébranlé Orpea, devenu Emeis, le groupe assure avoir profondément revu sa politique sociale, avec la volonté de prendre soin des soignants. À l'approche de son départ, sa DRH, Fanny Barbier, dresse le bilan du chemin parcouru et des difficultés qui demeurent.
Nous avions rencontré Fanny Barbier en juillet 2023, moins d'un an après son arrivée comme directrice des ressources humaines du groupe Orpea, devenu depuis Emeis (80 000 salariés).
L'entreprise, présente essentiellement dans le secteur des Ehpad et des cliniques, tentait alors de reconstruire sa politique sociale après les révélations de l'enquête de Victor Castanet, Les Fossoyeurs.
Trois ans plus tard, Emeis est sorti de son plan de sauvegarde et Fanny Barbier s'apprête à quitter le groupe. Nous l'avons rencontrée à nouveau dans les locaux de l'entreprise, à Puteaux (92), près de la Défense, pour dresser le bilan des transformations engagées. Le changement de culture qu'elle appelait de ses vœux en 2023 a-t-il réellement eu lieu ?
S'il fallait résumer l'orientation que vous avez voulu donner à la politique sociale de l'entreprise, quelle serait-elle ?
Fanny BarbierAvant, l'entreprise fonctionnait de façon très pyramidale et laissait très peu d'autonomie aux soignants. Nous avons pris une option très différente en faisant le choix de prendre soin de nos équipes. L'enjeu était d'ancrer la question de la considération dans le quotidien des salariés. Cela suppose effectivement de leur donner de l'autonomie dans leur travail.
L'entreprise revient de loin, compte tenu de l'impact des révélations des Fossoyeurs…

