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Interview28 janvier 2022
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Ehpad : Orpea est-il d'abord une machine à fric ?

Dans un livre d'enquête, le journaliste Victor Castanet décortique, sous tous ses aspects, le premier groupe mondial de maisons de retraite. Orpea est accusé d'avoir constitué un véritable système d'enrichissement, sans attention pour les résidents, les salariés et les finances publiques. Un syndicaliste CGT réagit.

Après près de dix heures de lecture, on sort sonné de ce livre d'enquête sur Orpea proposé par le journaliste Victor Castanet. « Les Fossoyeurs » se lit comme un roman policier avec des personnages fascinants (souvent pour le pire), des coups de théâtre spectaculaires, des hommes de l'ombre, des soutiens politiques inattendus... et beaucoup d'argent. Tout y est parfaitement pensé, sauf l'intérêt des personnes âgées.

Premier groupe mondial

Dans ce fameux monde de « l'or gris », Orpea est le premier groupe mondial de maisons de retraite, même s'il est doublé en France par Korian (lui aussi égratigné dans le livre). Quelques chiffres : présent dans 23 pays (dont la Chine), plus de mille établissements gérés (des Ehpad mais aussi des cliniques), 110 000 lits et un chiffre d'affaires qui avoisine les 4 milliards d'euros. Orpea a été créé en 1989 par le docteur Jean-Claude Marian, aujourd'hui milliardaire retiré en Belgique.

Réactions tous azimuts

Trois ans de travail, plus de 200 personnes qui ont témoigné (certaines sans requérir l'anonymat)... l'enquête qui aborde tous les enjeux autour d'Orpea a suscité un petit séisme en France. L'ensemble des fédérations professionnelles (AD-PA, Fnadepa, Unccas, Synerpa), des syndicats (CGT, CFDT) ont réagi avec plus ou moins de vigueur. La Défenseure des droits a proposé de tirer les leçons de ces dérives pour instaurer un « ratio minimum d'encadrement ».

Convocation au ministère