L'Inspection générale des affaires sociales vient de rendre publics trois rapports sur les enjeux d'attractivité des métiers du sanitaire, du social et du médico-social. Les constats sont accablants sur l'absence de prospective et de coordination. L'Igas propose "d'injecter" davantage de professionnels sur le marché du travail et de construire un outil national de suivi des tensions RH.
En juillet 2024, la ministre des Solidarités de l'époque, Catherine Vautrin, confiait à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) la mission d'explorer les enjeux d'attractivité des métiers du social (incluant le médico-social). Datés de février et mars 2025, deux rapports issus de cette réflexion ont été rendus publics ce 6 février 2026 (un troisième que nous traitons séparément porte sur la réduction des risques professionnels).
Absence de pilotage des ressources humaines
Parlant d'une « situation préoccupante » (« fermetures de lits dans les hôpitaux ou les Ehpad, plans APA qui ne sont pas exécutés au niveau de leur évaluation, établissements et services qui ne peuvent prendre en charge des personnes en situation de handicap »), les rédacteurs du premier rapport (Paul-Marie Atger et Mikael Hautchamp) montrent que la réponse publique, en premier lieu de l'État, n'est pas à la hauteur des défis immenses.
« À la différence de pays comparables comme l’Australie, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, la France n'a pas de stratégie des ressources humaines du système de santé et du secteur social et médico-social », regrette l'Igas. Il n'est dès lors pas possible de planifier des actions efficaces pour recruter des futurs professionnels.

