Deux responsables des fédérations professionnelles Gepso et Ufnafaam proposent une refonte globale du métier d'assistante familiale. L'accent est mis sur plusieurs mesures permettant de lutter contre l'isolement et le manque d'accompagnement. Une revalorisation matérielle est également préconisée.
Est-il possible d'éviter l'extinction progressive de la profession d'assistante familiale ? La question, volontairement provocatrice, mérite d'être posée à la lumière de chiffres préoccupants. Entre 2017 et 2022, les effectifs de ces professionnelles (neuf sur dix sont des femmes) ont baissé de 7,2 %. Dans certains départements, comme la Savoie, la baisse est de l'ordre d'un tiers.
Et la tendance ne semble pas près de s'inverser. La part d'enfants de l'aide sociale à l'enfance (ASE) accueillis est passée de 56 % en 2006 à 36 % en 2023 alors même que ce mode d'accueil est jugé plus adaptée, notamment parce qu'il permet à l'enfant de s'attacher durablement à un adulte.
Mais cette solution est fragilisée par la démographie de la profession : la moitié des assistantes familiales a déjà 55 ans, et un quart au moins 60 ans. Les effectifs pourraient ainsi passer de 40 000 professionnelles à 20 000 d'ici 2028.
Une profession en voie de disparition
Dans un article publié par la Fondation Jean Jaurès, Thierry Herrant (Union fédérative nationale des associations de familles d’accueil et assistants maternels – Ufnafaam) et Thomas Larrieu (Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux – Gepso) formulent 18 propositions de nature à sauver cette profession « en voie de disparition ».

