Désormais rodés à la gestion des fortes chaleurs, les services d’aide à domicile restent confrontés à un double défi : protéger les personnes âgées et/ou handicapées les plus vulnérables tout en préservant leurs salariés. Les épisodes caniculaires mettent ainsi en lumière les fragilités structurelles du secteur, entre tensions sur les ressources humaines et incertitudes financières.
Rappeler aux personnes âgées et/ou handicapées qu’il faut boire régulièrement et fermer ses volets durant la journée. Réorganiser les plannings pour éviter les interventions aux heures les plus chaudes. Suspendre certaines prestations (comme l'entretien du logement) pour se concentrer sur l’essentiel : hydratation, aide aux repas, surveillance de l’état de santé. Identifier les personnes plus fragiles ou isolées et renforcer leur accompagnement, en augmentant le nombre de passages ou en les contactant régulièrement par téléphone…
Depuis la canicule de 2003 (mais aussi la crise sanitaire liée au Covid), les services d’aide à domicile ont appris à gérer les situations de crise.
Des procédures bien intégrées
« Les procédures canicules sont bien intégrées par les services, et ce, quel que soit leur statut, estime Vincent Vincentelli, directeur du pôle politiques publiques au réseau d'aide à domicile UNA. Mais ce n’est pas parce que les mesures sont connues que tout va bien. Les canicules exacerbent les problématiques endémiques du secteur, à savoir les carences de personnel, plus aiguës en période estivale, et les carences de financement public, liées aux contraintes budgétaires qui pèsent sur les conseils départementaux. Si on veut mettre en place des passages supplémentaires auprès des plus vulnérables, encore faut-il en avoir les moyens humains et financiers… »
La théorie et la pratique…
Car sur le terrain, la bonne volonté se heurte rapidement aux réalités d’organisation. Caroline Leloir, directrice des services à l'association Aid’Aisne (affiliée à l’UNA), confirme : « Il y a une différence entre la théorie et la pratique. Passer plus tôt au domicile pour faire l’aide à la toilette mais aussi les courses afin d’éviter d’aller au magasin au beau milieu de l’après-midi par exemple, c’est du bon sens. Mais c’est aussi une belle théorie… »
En cause : la gestion des plannings, qui doivent en outre être coordonnés avec ceux des services de soins, intervenant eux aussi à domicile. Un véritable casse-tête, même lorsque l’organisation laisse davantage de marge de manœuvre aux professionnelles. Aid’Aisne fonctionne en effet en équipes autonomes, lesquelles disposent d’une certaine liberté pour organiser elles-mêmes leurs interventions.

