La chambre régionale des comptes des Hauts-de-France a examiné l'utilisation de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) à domicile dans le Pas-de-Calais, un département vieillissant. Ses constats sont sévères : manque de suivi des bénéficiaires, ruptures de parcours, réévaluations sauvages des droits, sans oublier des services d'aide à domicile au bord de l'asphyxie.
Rarement un rapport de chambre régionale des comptes aura suscité un tel écho : commentaire du nouveau président du conseil de la CNSA lors de sa première conférence de presse, article dans Le Monde…
Intitulé « L'allocation personnalisée d'autonomie à domicile dans le Pas-de-Calais » et réalisé à la demande du département, ce document ne laisse pas indifférent. Pour la première fois, un rapport officiel objective les trous dans la raquette du dispositif actuel de l'APA.
Un territoire vieillissant et pauvre
Le Pas-de-Calais présente des caractéristiques très singulières. Comptant près d'un million et demi d'habitants, ce département est à la fois très ouvrier, pauvre et vieillissant, avec des problématiques de santé notamment liées aux activités minières.
Dans ce contexte, 7,7 % des personnes de plus de 60 ans ont recours à l'APA, alors que la moyenne nationale est de 4,5 %. Au total, 28 300 personnes (dont 71 % de femmes) bénéficient de l'APA à domicile, versée par le conseil départemental, parmi lesquelles une sur deux relève du GIR 4, correspondant à un niveau de dépendance relativement modéré.

