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Interview24 juin 2026
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Anne Devreese : "Le projet de loi inquiète les acteurs de la protection de l'enfance"

Pour la présidente du Conseil national de la protection de l’enfance (CNPE) dont le mandat vient de s’achever, le projet de loi de protection des enfants ne répond pas à la crise que traverse le secteur. Elle soulève les manques et les ambiguïtés de ce texte examiné en urgence dans le contexte de l'affaire Lyhanna et appelle toujours à la mise en place d'un "plan Marshall".

Comment appréhendez-vous le projet de loi de protection des enfants qui doit être examiné mi-juillet à l'Assemblée nationale ?

Anne DevreeseDans ses intentions, à la lecture des têtes de chapitres, ce texte s’inscrit dans la continuité des lois précédentes de 2007, 2016 et 2022 sur la protection de l’enfance et dans le cadre des engagements de la France, signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Depuis vingt ans, une nouvelle doctrine s’est imposée, qui se déploie progressivement sur deux aspects : l’approche par les besoins de l’enfant et la reconnaissance du rôle central de l’État régalien en matière de protection des enfants. Ces changements de paradigme qui rompent avec des siècles d’invisibilisation de l’enfance maltraitée, portés par la loi de 2016 et le premier plan de lutte contre les violences faites aux enfants qui a suivi, n’ont plus jamais été remis en question depuis.

Pourtant, le projet de loi inquiète les acteurs de la protection de l’enfance, alors qu’il s’inscrit clairement dans cette continuité, ce mouvement de refondation, initié de fait il y a dix ans.

Comment cela s'explique-t-il ?