Le Sénat et l'Assemblée nationale ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur la proposition de loi instituant une aide à mourir. Dans l'attente d'un vote définitif, probablement cet été, des directeurs s'inquiètent du climat d'insécurité juridique pour les établissements et d'un glissement de mission pour les soignants.
L'issue de la commission mixe paritaire (CMP), le 2 juin, était attendue : le Sénat ayant rejeté en mai la proposition de loi portée par l'ex-député Modem Olivier Falorni, instituant l'aide à mourir, il y avait peu de chances qu'un accord soit trouvé.
Après un ultime examen dans les deux chambres, le texte pourrait être adopté le 15 juillet à l'Assemblée nationale, qui devrait avoir le dernier mot.
Obligation de réserve
Cette perspective inquiète une partie des personnes vulnérables susceptibles d'être concernées par ce nouveau droit (lire encadré), mais aussi des soignants qui s'interrogent sur la compatibilité entre leur mission d'apporter des soins et celle de mettre fin à la vie. Le collectif « Libre soin », qui rassemble des directeurs sanitaires et médico-sociaux, fait entendre une voix très critique.
Directeur général de l'association Notre-Dame de Bon Secours, qui compte des établissements pour personnes âgées et pour personnes handicapées, François-Xavier Lejeune participe à ce collectif, qui rassemble 200 directeurs. « Nous sommes plus nombreux dans les faits, mais certains directeurs travaillant dans le secteur public, en vertu d'une obligation de réserve, ne s'affichent pas tout en partageant nos craintes. »

