Alors que la lutte contre les violences faites aux enfants mobilise fortement pouvoirs publics et médias, les acteurs de la protection de l’enfance craignent que les besoins spécifiques des enfants placés passent au second plan. Une alerte à la veille du deuxième comité stratégique pour la refondation de la protection de l’enfance.
D'un côté, une forte mobilisation contre les violences faites aux enfants ; de l'autre, une protection de l'enfance qui peine à faire entendre ses besoins propres.
En cette rentrée, alors que la proposition de loi « apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes [VSS] contre les femmes et les enfants », examinée à partir de ce 21 septembre à l'Assemblée nationale, bénéfice d'une forte attention médiatique, les acteurs de la protection de l'enfance redoutent de voir les difficultés de l'aide sociale à l'enfance (ASE) reléguées au second plan.
Effet d'annonce
La tribune du Premier ministre Sébastien Lecornu publiée par Le Monde le 15 septembre, annonçant un engagement financier de l’État à hauteur de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les VSS, ainsi que 2,6 milliards d’euros « prévus pour la protection de l’enfance », a suscité les réserves de la Fédération des associations de protection de l’enfant (Cnape).
Dans un communiqué du 17 septembre, celle-ci s'interroge sur cet « effet d’annonce », craignant l’absence d’« effort budgétaire supplémentaire » et une simple compilation de financements déjà existants.

