Depuis mars 2024, une équipe mobile de la protection maternelle et infantile (PMI) de Loire-Atlantique, composée d’un médecin et d’une infirmière puéricultrice, va à la rencontre des familles Roms directement sur les terrains où celles-ci vivent. Un dispositif qui s’avère efficace en termes de prévention et de promotion de la santé.
Un chemin de terre discret et poussiéreux constellé de nids-de-poule, deux carcasses de voitures et un soleil écrasant. Dans cette commune limitrophe de Nantes, dans un quartier désertique où se côtoient simplement quelques entreprises, un camion du département bringuebale prudemment sur le chemin cabossé, avant de se poser à l’entrée d’un terrain habité par des caravanes et des bicoques de fortune, faites de bois, de tôles et de bâches.
En cette fin de matinée déjà brûlante de juillet, un couple arrive avec un petit garçon, inquiété par une dent qui pousse. Ségolène Besseyre des Horts, infirmière puéricultrice, les rassure tranquillement, grâce à quelques mots de roumain et, si besoin, l’appui de Google Traduction. Sur le flanc de l’ancien camion de la bibliothèque départementale, on peut lire à présent « consultations itinérantes pour les enfants de 0 à 6 ans par la protection maternelle et infantile (PMI) ». Impossible à comprendre pour certains, du fait de la barrière de la langue.
Prendre le temps

Mais sur les terrains où vit la communauté Rom, à Nantes et dans son agglomération, on a pris l’habitude de voir arriver ce drôle de camion, avec « le médecin pour les enfants », comme résument les professionnels de santé. Déjà, en cette fin de matinée, quatre jeunes femmes, accompagnées de quatre jeunes enfants, viennent solliciter l’infirmière. L’une parle anglais, ce qui facilite l’échange. Elle monte dans le camion avec son enfant, pour une consultation avec Hugo Barthe, le médecin du binôme présent ce jour.
Elle y restera une bonne heure. L’équipe mobile de la PMI prend le temps, c’est une de ses forces. Il faut passer en revue les différentes fois où l’enfant a vu un médecin, pourquoi, faire le point sur ses antécédents, les vaccins, la vue et/ou la dentition, se pencher sur l’administratif (carnet de santé, carte Vitale, etc.), et discuter du quotidien, tout simplement. Deux autres jeunes femmes arrivent avec cinq enfants, souffrant tous de conjonctivite. L’infirmière leur demande de revenir plus tard. En début d’après-midi, et pour deux heures, une interprète viendra prêter main-forte au duo.