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Saisonniers : accompagner un public fragile et peu visible

Longs FormatsSophie LE GALL25 juin 2026
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Bien que polarisé sur l’accès au logement, l’accompagnement des travailleurs saisonniers doit répondre à une vulnérabilité multifactorielle. Un défi à relever sur un temps court.

Comme nombre de publics dits « invisibles », les saisonniers forment, assez logiquement, un groupe peu documenté. Selon des sources syndicales, ils seraient 1,5 à 2 millions au total, principalement employés dans l'agriculture, avec une proportion importante de « travail au noir » et de contrats très courts. Ils adoptent pour beaucoup un mode de pluriactivités, travaillant l'hiver en montagne et l'été près des lieux de vacances.

Des bras à la fois très demandés - des restaurateurs se plaignent de plus en plus fréquemment d’avoir dû fermer leur établissement en pleine saison faute de personnel - et subissant des conditions de travail particulièrement rudes, avec des cadences intenses et de fortes contraintes physiques.

Un public précaire

En 2024, un avis du Cese - « Se loger dans les territoires pour exercer une activité saisonnière  » - estimait (se basant notamment sur des chiffres Insee de 2017), que les trois quarts des saisonniers avaient des revenus salariés annuels inférieurs à 6 440 euros, contre 38 % pour l’ensemble des salariés, et avec une forte représentation de jeunes adultes, près de la moitié d’entre eux ayant moins de 26 ans (18,8 % pour les salariés du privé). A travers ces quelques données se dessinent les contours, encore très flous, d’un public touché fortement par la précarité et différentes vulnérabilités.

Une méconnaissance préjudiciable

Arnaud de Broca, délégué général de l’Union professionnelle du logement accompagné (Unafo). DR

Cette méconnaissance est préjudiciable aux saisonniers qui « se retrouvent dans un angle mort des politiques publiques », estime Arnaud de Broca, délégué général de l’Union professionnelle du logement accompagné (Unafo). « Il y a bien eu, en 2023, une feuille de route (2023-2025) interministérielle visant à améliorer l’emploi des saisonniers, après la crise sanitaire qui a désorganisé le secteur du tourisme. L’alliance interministérielle nous avait donné de l’espoir, mais au final, les mesures ont été peu suivies. Et les changements répétés de ministres ces dernières années n’ont pas aidé », regrette-t-il.

Pas de prise en compte nationale