En Occitanie, les professionnels sollicitent de plus en plus le Cresam, centre spécialisé dans la prévention des radicalités violentes, pour des situations liées au masculinisme. Son coordonnateur, le sociologue Tristan Renard, nous décrit l'évolution de ces radicalités et les réponses apportées aux équipes de terrain.
Tristan Renard, sociologue, est le coordonnateur du Centre de ressources régional en santé mentale (Cresam), créé en 2017. Rattaché au Centre hospitalier Gérard Marchant de Toulouse, ce dispositif a pour vocation la prévention des processus de radicalités violentes et l'accompagnement des professionnels confrontés à ces situations complexes.
En 2025, le Cresam a accompagné 2 000 professionnels des secteurs sanitaire, social, médico-social et justice en Occitanie. Parmi les phénomènes repérés sur le terrain, les discours masculinistes occupent une place croissante, souvent en lien avec d'autres formes de radicalité violente.
Quelles sont les radicalités sur lesquelles vous travaillez ?
Tristan RenardDès le début, le Cresam a choisi de ne pas limiter son action au djihadisme, car les radicalités sont de fait très diverses.
Les situations que nous observons concernent des personnes déjà prises en charge pour d'autres problématiques : personnes suivies dans le cadre de la protection de l'enfance, patients psychiatriques, situations liées aux handicaps ou au secteur médico-social, personnes en errance suivies par la prévention spécialisée.
Il s'agit la plupart du temps de situations composites d’un point de vue idéologique : par exemple, des néonazis fanatiques de l'État islamique ou des masculinistes qui deviennent satanistes.
Et cela ne va pas en s’arrangeant avec le temps : les voies menant à l'extrémisme violent semblent de moins en moins cohérentes, avec un rapport plus individualiste aux organisations, mais souvent une même quête de respectabilité sociale pour les individus concernés.
Quelles que soient les radicalités que nous observons (survivalisme, ultradroite, djihadisme, masculinisme, etc.), elles cultivent une obsession pour le genre et se caractérisent par la réaffirmation d'un ordre perçu comme traditionnel ou naturel.

