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Interview21 juillet 2026
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Protection de l’enfance : "Les familles traversent les frontières, pas les travailleurs sociaux"

Lorsqu'une famille suivie par la protection de l'enfance franchit une frontière, l'accompagnement peut se gripper. Sociologue, Bruno Michon plaide pour une coopération institutionnalisée entre pays voisins afin d'assurer la continuité des parcours des enfants et de leurs familles.

Une mesure éducative qui s'interrompt à cause d'un déménagement, un enfant placé dans un foyer dont il ne parle pas la langue, des professionnels qui peinent à identifier leurs interlocuteurs de l'autre côté du Rhin : les situations transfrontalières mettent en lumière les limites des dispositifs de protection de l'enfance.  Membre d’un groupe d’experts franco-allemand et suisse, le sociologue Bruno Michon, chargé de recherche à l’École supérieure européenne de l’intervention sociale (Eseis) de Strasbourg et à l’École supérieure de Praxis sociale de Mulhouse, plaide pour une coopération plus structurée entre les pays limitrophes.

En quoi consistent les travaux du groupe de travail transfrontalier en protection de l’enfance dont vous faites partie ?

Bruno MichonLes écoles de travail social alsaciennes et allemandes ont l’habitude de travailler ensemble depuis plus de trente ans. En 2013, nous avions consacré un de nos cycles de conférences « Les controverses du travail social » à la protection de l’enfance.

À la fin, les professionnels, français comme allemands, avaient exprimé un besoin d'être aidés parce qu’ils étaient confrontés à des situations transfrontalières compliquées et qu’ils avaient du mal à comprendre le fonctionnement du système de la protection de l’enfance chez leur voisin.

Quel était le type de problématiques rencontrées ?

B. M.D’une manière générale, le problème est que les personnes qui vivent sur nos territoires bougent mais pas les travailleurs sociaux.

Lorsqu’une famille qui est sous une mesure de suivi éducatif en France déménage outre-Rhin ou qu’un jeune part vivre chez ses grands-parents qui habitent de l’autre côté de la frontière, les mesures ne peuvent pas être continuées pour des raisons de frontières.