Le projet de loi sur la protection des enfants, examiné au Sénat à partir du 27 octobre, prévoit d’encadrer les séjours de rupture. Alors que l’Assemblée nationale avait voté leur interdiction à l’étranger, la commission des affaires sociales du Sénat a rétabli cette possibilité. Une évolution encore provisoire, alors que les associations organisatrices défendent l'utilité de ces accompagnements pour certains jeunes.
Ils sont des centaines d'adolescents à partir à l'étranger chaque année. Des jeunes aux profils complexes, souvent marqués par les carences, les violences et les placements multiples dans les familles d'accueil et les maisons d'enfants à caractère social (Mecs). Pour ces jeunes autrefois nommés « incasables », les séjours de rupture constituent souvent une dernière chance, une ultime tentative pour les éloigner des réseaux néfastes ou pour les raccrocher à une situation d'insertion.
Ces séjours restent marginaux dans le panorama de la protection de l'enfance. Ils concerneraient environ 2 % des jeunes pris en charge. Si peu d'études les documentent, une enquête de l’Observatoire national de l'enfance en danger (Oned) souligne « que la totalité des jeunes développent de nombreuses compétences au cours du séjour de rupture, qui a un effet positif sur la grande majorité des trajectoires. »
Dispositif à préserver
Sur le terrain, les professionnels engagés en France et à l'étranger pointent eux aussi les apports de ces séjours, bien que difficilement quantifiables, et la singularité d'un dispositif à préserver coûte que coûte.

