Grand âge, protection de l'enfance, transformation de l'offre… Dans cette chronique*, Jean-Luc Gautherot, ingénieur social, décrypte l'effet "Cartapus" des politiques sociales : des réformes annoncées, reportées puis ressuscitées, dont la volatilité nourrit l'incertitude et érode la confiance des acteurs de terrain.
Dans la version d'Astérix et Obélix d’Alain Chabat, « Cartapus » est une espionne qui apparaît et qui disparaît en un clin d'œil et qui explique ainsi sa compétence : « On me voit, on m'voit plus ». Ces derniers temps, les réformes des politiques sociales semblent avoir acquis le talent de Cartapus (Chantal Lauby).
Elles apparaissent dans une annonce ministérielle puis elles disparaissent et on pense qu’elles sont abandonnées. Puis elles réapparaissent au détour d’une interview d’un ou d’une ministre pour bientôt redisparaître. Une bien mauvaise comédie contrairement au film du talentueux Chabat.
Adieu le plan grand âge !
Le 13 juin 2018, le président de la République Emmanuel Macron annonce, à l’occasion du congrès de la Mutualité Française, l’élaboration d’une grande loi pour faire face au défi démographique de la dépendance des personnes âgées.
En avril 2024 est votée non pas la loi grand âge mais la loi bien vieillir. Le projet de loi grand âge n’est pas abandonné et il se transforme en projet de « plan grand âge ».
En décembre 2025, Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et du Handicap, fait le tour des médias pour annoncer la sortie prochaine du plan. La ministre explique que sa production est déjà bien avancée et qu’il aura trois volets : vieillir en citoyen, vieillir en bonne santé, vieillir bien accompagné.
Annoncée début janvier 2026, la présentation du plan grand âge sera reportée au 12 février 2026 puis reportée à une date inconnue.

