De Grenoble aux cabinets ministériels, en passant par la délégation interministérielle à la lutte contre la pauvreté, Olivier Noblecourt n'a jamais quitté le terrain social. À 50 ans, le nouveau président du collectif Alerte reste fidèle à des racines familiales façonnées par l'engagement en faveur des plus fragiles.
À celui qui passe une heure en sa compagnie, par une fin d'après-midi caniculaire de juillet, Olivier Noblecourt donne l'image d'un homme toujours en mouvement, jamais vraiment apaisé. Il arrive (légèrement) en retard au rendez-vous, dans un café du quartier du Sentier, téléphone à l'oreille. Puis, autour d'un jus d'orange pressée, déroule un parcours singulier, accompagnant son récit de grands gestes.
Mixité sociale
Olivier Noblecourt grandit dans une famille qui ne manque pas d'originalité. « Mes parents sont des cathos de gauche, mon père journaliste à La Croix, puis au Monde, et ma mère au foyer. Installés dans le populaire 13e arrondissement de Paris, ils étaient très engagés dans l'alphabétisation et militaient pour la mixité sociale », raconte l'aîné de la fratrie. Avec un sourire, il ajoute : « Dans ma classe, j'étais souvent le seul petit garçon aux yeux bleus. »
Adolescent, il pratique assidûment le tennis, mais consacre aussi du temps libre à l'association La Mie de pain avec laquelle il participe à des distributions de repas. Et quand il faut envisager une orientation post-bac, il fuit rapidement la classe préparatoire aux écoles de commerce où il s'était inscrit, pour une tentative dans le théâtre qu'il quitte également très vite, conscient de n'avoir « aucun talent ».

