Lors des Journées nationales de l’Anmecs, organisées du 25 au 27 mars à Épinal, la juriste belge Anne-Catherine Rasson a livré une lecture critique du concept d’intérêt supérieur de l’enfant. Elle appelle à un changement de paradigme, au profit d’une approche fondée sur les droits effectifs des enfants et leur participation aux décisions qui les concernent.
À Épinal, devant 560 professionnels de la protection de l’enfance réunis pour les Journées nationales de l’Association nationale des maisons d’enfants à caractère social (Anmecs), Anne-Catherine Rasson n’a pas hésité à bousculer un principe pourtant central des pratiques : celui de l’intérêt supérieur de l’enfant. « Concept star », selon ses mots, il n’en demeure pas moins profondément ambivalent selon elle.
Docteur en droit, maîtresse de conférences et chargée de recherches à l'université UCLouvain mais aussi directrice adjointe d’une structure équivalente à une Mecs en Belgique, la chercheuse a rappelé les fondements juridiques de cette notion, consacrée par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE) du 20 novembre 1989. Son article 3.1 dispose que « l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale » dans toute décision le concernant.

