La ville de Grande-Synthe propose, depuis 2019, aux habitants les plus précaires un "minimum social garanti". À l’approche des élections municipales, le sociologue Clément Cayol, qui a participé à la mise en œuvre et à l'évaluation de cette expérimentation communale, revient sur ce dispositif et sur le rôle que peuvent jouer les maires dans l’action sociale.
En janvier 2018, Damien Carême, alors maire de Grande-Synthe (il le fut de 2001 à 2019), annonce la mise en place d’une expérimentation de revenu universel sur sa commune. Les élections présidentielles de 2017, et la proposition du socialiste Benoît Hamon, sont encore dans toutes les têtes.
Dès mars 2018, le sociologue Clément Cayol est recruté pour étudier la faisabilité de cette garantie de revenu dans cette commune ouvrière de 26 000 habitants. Une partie de son temps de travail est consacrée à la recherche et à l’écriture de sa thèse. L'autre moitié est dédiée à la mise en œuvre concrète du dispositif, au sein d’une équipe réunissant notamment des agents du centre communal d’action sociale (CCAS).
Lancé en janvier 2019 et toujours en place en 2026, ce revenu communal a depuis fait des petits : revenus de solidarité jeunes, complément minimum garanti pour les seniors… Retour avec Clément Cayol sur la genèse de l'expérience.
Quelles raisons poussent le maire de Grande-Synthe de l’époque, Damien Carême, à mettre en place une forme de revenu universel ?
Clément CayolL’objectif de Damien Carême était clair : éradiquer la pauvreté dans une ville fortement marquée par le chômage, et avec un taux de pauvreté qui s’élève à 30 %. Mais aussi montrer qu'il est possible, au niveau communal, de porter des politiques sociales ambitieuses.
D'un revenu « universel », on est passé à une aide finalement conditionnée à certains critères. Quel a été le cadre précis de l'expérimentation de Grande-Synthe ?

