Prenant acte du non-recours aux soins de santé d’une partie de la population française, des villes ont choisi de mettre en place une mutuelle communale. Comment est née l’idée, quels ont été les questionnements… Montreuil, Pontault-Combault et Saint-Yrieix-sur-Charente, trois communes de tailles différentes témoignent.
La santé est la première attente de 70 % des Français vis-à-vis de leur prochain maire. C’est ce que révèle une étude de novembre 2025, menée par France Assos Santé et l'institut CSA. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une compétence obligatoire pour les communes, des initiatives sont apparues ces dernières années.
Parmi elles, les mutuelles de santé communales, qui se sont d'ailleurs invitées dans le programme d’un certain nombre de candidats aux élections municipales. Certaines communes en ont déjà mise en place une.
Un besoin issu du terrain
« Le point de départ a été une enquête en population générale qui a montré qu’un certain nombre de Montreuillois renonçaient à des soins à défaut d’avoir une complémentaire », explique Vincent Kaufmann, directeur de la santé à Montreuil, ville communiste de Seine-Saint-Denis (110 700 habitants). La commune est l’une des premières à avoir fait ce constat, avec le lancement d’une mutuelle dès 2018.
Ce besoin remonte aussi dans des communes plus petites. Olivier Lucas, directeur général des services de Saint-Yrieix-sur-Charente (16), où une mutuelle a été mise en place en février 2026, témoigne d’une attente forte de la part des 7 500 habitants.
Des tarifs négociés
« Ce qui nous a motivés au départ, c’était d’avoir des tarifs négociés pour les habitants », explique Sophie Piot, adjointe au maire de Pontault-Combault chargée des solidarités, commune de Seine-et-Marne de 38 000 habitants.
« Ça fonctionne sous la forme d’un contrat collectif, avec une adhésion individuelle, précise Vincent Kaufmann. Ce qui permet de discuter de tarifs plus intéressants que sur le marché général ».
Pourtant derrière cet objectif, partagé par toutes les communes, la sociologue Clémentine Comer note dans un article l’existence d'une diversité de mutuelles, et des élus locaux qui ne partagent pas les mêmes buts.

