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Reportage04 février 2020
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MNA : comment l’évaluation s’intègre à la protection de l’enfance

Dans chaque département, des travailleurs sociaux doivent désormais assumer une mission récente : l’« évaluation sociale » des jeunes étrangers isolés. Dans l’Aube, l’exercice prend place dans le Centre départemental de l’enfance. Non sans questionnements.

Parmi les pavillons blancs, dispersés sur le vaste Centre départemental de l’enfance de l’Aube, un bâtiment, tout au fond, a fini par être assigné aux « mineurs non accompagnés » (MNA). Derrière le grand foyer de l’enfance, après la crèche éducative, et au-delà des « moyens et longs séjours », ils sont 22, en cette fin janvier, à occuper leur maison étalée le long d’une allée.

Trop tôt

En l’occurrence, il est trop tôt pour les désigner comme MNA. Ces résidents, sans doute, paraissent jeunes, seuls et étrangers… Mais la plupart espèrent encore que « l’évaluation sociale » organisée par ce département les reconnaisse, officiellement, comme des mineurs à protéger. Alors, seulement, ils pourront rejoindre les quelque 200 MNA déjà accompagnés, à travers plusieurs dizaines d’appartements, studios et pavillons, disséminés dans l’agglomération de Troyes.

Entretien crucial

« Ces jeunes sont d’abord passé par la police, avant de nous être présentés. Ils restent alors en attente ici, et en général, nous menons leur évaluation dans la semaine », explique Frédéric Jung, le directeur du centre départemental, qui fait visiter son site « de quatre hectares et demi » sous un soleil d’hiver. Cet entretien crucial se déroule dans un autre pavillon, à l’entrée, avec Anne-Claire Taupin, la cheffe du service des MNA. Son bureau sobre fait face à un mur de briques de verres où a été collé le mot « liberté ».

Anne-Claire Taupin, dans son bureau : « Nous ne sommes pas de la police. »  Olivier Bonnin

Dans l’Aube, depuis près d’un an, l’évaluation sociale est assurée par cette éducatrice de jeunes enfants (EJE) de formation, aux cheveux courts et au sourire discret. « Je leur explique d’abord pourquoi je les reçois, et je précise que nous ne sommes pas de la police », raconte-elle. « Après, j’ai une trame. »

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