Les évacuations massives liées aux grands incendies de l’été ont révélé de belles ressources de solidarité, mais aussi des failles dans l’accueil et l’accompagnement des personnes vulnérables. Certains acteurs du secteur prônent pour l'avenir l'élaboration d'une doctrine adaptée, comprenant une cartographie des lieux d’accueil et des moyens numériques.
Quelques semaines après les incendies monstres de l’été, l’heure est au « retex ». Un retour d’expérience particulièrement attendu en Gironde où le mégafeu a engendré l’évacuation de plus de 220 000 personnes, soit la plus massive depuis la Seconde Guerre mondiale. Parmi les déplacés : de nombreux résidents d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des personnes en situation de handicap. Or l’organisation et les conditions de certaines évacuations ont été fortement critiquées par plusieurs témoins et acteurs du secteur médico-social.
Sur les communes du bassin d'Arcachon et de l'ouest de la métropole bordelaise, 43 établissements médico-sociaux, dont 28 Ehpad, 8 résidences autonomie et 7 établissements pour personnes en situation de handicap ont nécessité une évacuation. Soit 2 446 personnes, dont 964 évacuées hors du département à partir du 22 juillet. Le 12 août, toutes avaient retrouvé leur lieu de vie.
« Pas d’eau gélifiée »
« À 36 ans, on m’a toujours dit que je ne connaîtrais pas la guerre. Pourtant ce que j’ai vu c’est la guerre contre le climat », décrit Adrien Guionie, assistant de service social.
Bénévole, il est appelé le 23 juillet pour préparer l’accueil de milliers de déplacés au parc des expositions de Bordeaux. « Je revois ces centaines de lits "picot" (ndlr : lit de camp militaire) que l’on monte, vides, puis occupés par des personnes âgées avec des sondes. J’entends des râles de douleur, de souffrance. Mon combat a été de trouver des coussins pour les relever. Un combat de trois jours », raconte-t-il.

