Elle ne vient pas du travail social mais a travaillé pour la finance solidaire… À 41 ans, Marie Degrand-Guillaud prend la tête de la très ancienne association Aurore après des expériences très variées, y compris à l'international. Son parcours pourrait s'avérer précieux pour trouver de nouvelles solutions de financement.
Lorsqu'on lui demande à quoi elle rêvait à 12 ou 14 ans, Marie Degrand-Guillaud, prompte à parler vite et à répondre rapidement, prend le temps de réfléchir. « J'avais la volonté, je crois, de contribuer à changer le monde. Dans ma famille où ma mère était médecin et mon père ingénieur, il y avait une vraie ouverture. »
Avec les enfants des rues de Calcutta
Marie se souvient, lors de ses années de collège et lycée en région lyonnaise, d'avoir donné des cours gratuits dans une cité voisine et organisé un Noël solidaire. Pourtant, le bac en poche, elle s'engage dans des études qui semblent bien loin de l'univers de la solidarité : une école de commerce (Sup de Co Paris).
« J'étais attirée par des formations d'excellence, j'avais la volonté d'apprendre. » Avec le recul, elle analyse : « J'ai mis du temps à aligner mes exigences ».
Cette formation en trois ans en école de commerce est l'occasion d'une expérience rare de confrontation avec la misère et la violence. Dans le cadre d'une césure dans sa formation, Marie se met au service d'une association qui travaille avec les enfants des rues, à Calcutta (Inde).
« Notre mission pendant ces sept mois a été de créer une boutique vendant des objets d'artisanat réalisés par des jeunes que l'association arrivait à sortir de la rue. C'était à la fois très dur et très humain », se souvient-elle.

