L'instruction budgétaire du 1er juin impose aux services tutélaires de nouveaux objectifs d'"efficience", avec des baisses de crédits à la clé. Pour Ange Finistrosa, président de la Fnat, ces économies fragilisent un secteur appelé à faire face à une forte hausse du nombre de majeurs protégés.
Avec les deux autres membres de l’interfédération de la protection juridique des majeurs (Unapei et Unaf), vous avez écrit à la ministre Camille Galliard-Minier pour contester les décisions budgétaires pour 2026. Que recouvre cette baisse budgétaire ?
Ange FinistrosaLe budget 2026 pour la protection juridique des majeurs (PJM) affiche une diminution de près de 5 millions d’euros (M€), ce qui est déjà une baisse conséquente. Mais quand on regarde dans le détail, la note est plus salée encore !
L’instruction du 1er juin nous demande d’absorber l’activité nouvelle – car il y a toujours un flux de nouvelles personnes à protéger –, tout en maintenant les impératifs de qualité et en absorbant l’inflation et « le glissement vieillesse technicité » (GVT) des personnels. D’après nos analyses, l’effort réel que nos services doivent réaliser est de l’ordre de 35 à 50 M€ d’économies.
Des crédits sont tout de même prévus pour financer les revalorisations Ségur…
A. F.Oui, l’État prévoit une enveloppe de 34,50 M€ pour financer les hausses de salaires, mais, dans le même temps, il nous impose des mesures d’efficience de l’ordre de 32 M€.
Sans compter que ces économies doivent se faire via la mise en place d’indicateurs de ressources humaines imposés sans concertation, déconnectés de la réalité de nos organisations.

