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Les réseaux sociaux : une ressource pour les étudiants en travail social

Longs FormatsMaïa COURTOIS23 juillet 2026
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Gérer un stage, préparer un oral, confier ses doutes : les étudiants en travail social perçoivent les réseaux sociaux comme un espace ressource, tant pour leur formation que pour leurs premières expériences professionnelles. Ils constituent la majorité des "followers" des travailleurs sociaux créateurs de contenus, avant pour certains de se lancer à leur tour sur Instagram et TikTok.

Instagram, c’est leur « média d’information numéro un » : Marvyn Boursin et Maëlanne Le Tarnec, qui viennent de finir leur première année d’études à Askoria Lorient, sont sans équivoque. Le hic, c'est qu'il est difficile d’y trouver du contenu sur-mesure pour des étudiants en travail social, futurs éducateurs spécialisés comme eux. Avec deux amies de leur promotion, Lucie Feunteun et Caroline Le Bozec, ils ont donc lancé fin février le compte « La minute sociale ».

Dernier post en date avant la pause estivale : une vidéo où les étudiants et étudiantes de leur campus résument en un mot, avec humour et bonne humeur, leur première année : « projet », « cohésion », « solidarité »…

Des sujets d'actualité

Sur « La minute sociale », qui se veut un espace Instagram dédié aux « actualités du secteur social à travers l'œil des étudiants », on trouve avant tout des posts informatifs. Sur le travail social en première ligne pendant la canicule par exemple. Ou encore, sur la journée mondiale de la trisomie 21. Parfois aussi, des coups de cœur culturels. 

 Le « feed » Instagram de La minute sociale contient surtout des posts informatifs, en lien avec des actualités impliquant le travail social : ici la canicule. DR

Pour la rentrée de septembre, « on veut axer notre contenu sur des sujets que l’on n’a pas l’habitude de voir en cours : la transidentité, les inégalités sociales… C’est une formatrice-référente qui nous a conseillé d’aller "titiller" ce dont on n'a pas le temps de parler en cours », explique Maëlanne. « Toujours en alliant la théorie et la pratique. En rapportant, par exemple, comment une nouvelle politique sociale se met en œuvre sur le terrain de nos stages, ou quels outils professionnels on y découvre », précise Marvynn.

Des parcours divers et atypiques

Ce compte, lancé dans le cadre d’un module Askoria, déborde les heures prévues au programme pour le projet : « C’est devenu notre quotidien. Dès qu’on se croise, dès qu’on mange ensemble le midi, on en parle », sourit Maëlanne. Tous les quatre ont des parcours variés : Caroline et Maëlanne ont été agente des services hospitaliers et aide médico-psychologique, Lucie a fait une prépa aux métiers du social, Marvynn une fac d'histoire puis un service civique dans une école primaire. 

« Nos parcours sont parfois éloignés des représentations habituelles de l’étudiant. Nous souhaitons aussi mettre cela en valeur avec La Minute Sociale : dans le social, il existe une grande diversité de profils étudiants, ce qui constitue une richesse », souligne Marvynn.

Un petit projet qui grandit 

De gauche à droite et de haut en bas, l'équipe de la Minute Sociale : Marvynn Boursin, Lucie Feunteun, Maëlanne Le Tarnec et Caroline Le Bozec. DR

« On est suivis par d’autres écoles à Nice, dans les Hauts-de-France… Notre petit projet d’école grandit », sourit Marvynn. Leurs messages privés s'étoffent de plus en plus, issus d’étudiants, d’éducatrices de jeunes enfants ou d’assistantes sociales qui laissent leurs coordonnées en se proposant de les aider. Le quatuor vient aussi de réaliser sa première interview, en cours de montage : celle d’une équipe mobilisée à Guer, dans le Morbihan, pour monter un foyer d’accueil médicalisé pour personnes autistes.

À la veille d’une rentrée en deuxième année, qui promet de monter en intensité avec les premiers rendus certificatifs, le défi de l’équipe reste le temps disponible.

Un sondage auprès de 230 étudiants et étudiantes, préalable à leur lancement, a révélé une attente forte : les répondants souhaitent au moins une publication par semaine, et disent avoir besoin d’un outil de veille, notamment sur les réformes du social. De quoi placer la barre haute pour le quatuor qui compte bien aussi se lancer sur TikTok, « incontournable » pour leur génération.

Des étudiants très demandeurs 

Les travailleurs sociaux présents ces dernières années sur les réseaux sociaux savent à quel point les étudiants en travail social sont un public en demande. Les étudiants ne constituent pas moins de 70 % des followers de Sabine (alias sabineeducspe), l’une des têtes de file de cette petite communauté en ligne, avec plus de 43 000 followers sur TikTok et 10 000 sur Instagram. « Ce sont ceux qui interagissent le plus ! », souligne Sabine.