Dans cette chronique*, Jean-Luc Gautherot, ingénieur social, s’interroge sur l’usage souvent imprécis du terme "médico-social". Réduit au handicap ou utilisé pour désigner toute l’action sociale, il brouille la compréhension du secteur et de ses activités, au risque d’en masquer la diversité.
Le mot médico-social est parfois utilisé pour désigner le secteur du handicap. Ce secteur n’est pas le secteur médico-social, il est un de ses sous-secteurs. Il est aussi parfois employé pour désigner l’ensemble du champ l’action sociale.
Or, le secteur médico-social n’est qu’une partie du champ. Ces mauvais usages du mot médico-social posent la question des descriptions floues de la structure de l’action sociale et des conséquences de ce flou.
Les trois secteurs de la loi de 1975
C’est la loi de 1975 relative aux institutions sociales et médico-sociales qui officialise les trois grands secteurs que sont : le sanitaire, le social et le médico-social.
Elle sépare deux mondes : le sanitaire (monde des soins et de la médecine) et l'action sociale (monde composé principalement des secteurs social et médico-social).
Avant de voir ce que contiennent ces deux derniers secteurs, commençons par se demander ce qu'englobe le champ organisationnel de l’action sociale.
Quelle frontière pour l’action sociale ?
La question n’est pas simple. On serait tenté spontanément de considérer que l’action sociale est composée uniquement des structures qui ont un statut d’établissement ou de service. C'est-à-dire les établissements et services sociaux ou médico-sociaux (ESSMS), cadrés par la loi du 2 janvier 2002.
Retenir ce critère pour déterminer l’appartenance d’une unité opérationnelle à l’action sociale, en exclue les établissements d'accueil des jeunes enfants (EAJE), les centres sociaux, les entreprises d’insertion, ou encore l’hébergement financé par l’allocation logement temporaire (structures qui n’ont pas le statut d’ESSMS).

