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Interview15 octobre 2021
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"Le non-recours aux crèches persiste pour les familles défavorisées"

Professeure de psychologie de l’enfant, Chantal Zaouche Gaudron vient de co-signer un ouvrage de la Cnaf sur l’accueil des jeunes enfants en situation de pauvreté. Aujourd'hui, le bénéfice des crèches est prouvé pour le développement du langage notamment.

L’ouvrage que vous avez dirigé fait le point sur les « effets des structures d’accueil sur le développement de l’enfant en situation de pauvreté ». Que nous enseignent, désormais, les recherches menées sur le sujet ?

Chantal Zaouche Gaudron En France, nous avons encore très peu d’études sur la question ! Selon leurs premiers résultats, les établissements d’accueil peuvent améliorer, pour les enfants défavorisés, le développement cognitif. Mais ils auraient peu d’effet sur le champ socio-émotionnel.

En revanche, aux États-Unis ou au Royaume-Uni, la recherche est conséquente, depuis quarante ans au moins. Et les études y démontrent que l’accueil formel du jeune enfant en situation de pauvreté a des bénéfices non seulement au niveau du langage, mais aussi sur les plans sociaux et émotionnels.

Cependant, il est difficile de comparer : le contexte est très différent. Outre-Atlantique, les établissements publics font face à des structures privées, pour les familles favorisées, alors qu’ici nos crèches sont encore majoritairement publiques et de qualité.

Et que sait-on du recours des familles pauvres aux établissements d’accueil des jeunes enfants (EAJE), en France, aujourd’hui ?