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Le Cedis : l’innovation sociale au service de l’hébergement
Longs FormatsLaetitia DELHON07 janvier 2020

A Toulouse, le Collectif d’entraide et d’innovation sociale (Cedis), rassemblant travailleurs sociaux et bénévoles, est devenu un acteur incontournable de la politique d’hébergement. Entre occupation illégale de bâtiments publics vides et dialogue continu avec les institutions, il a su instaurer une nouvelle façon de répondre à l’augmentation des besoins. Une démarche vertueuse qui commence à faire école.

Mi-décembre, plein soleil, onze heures du matin par cinq degrés, non loin du feutré Casino Barrière à Toulouse : comme chaque mercredi, Michel Le Roy, couramment appelé Michel, amène sa voiture au fond d’un petit chemin longeant la Garonne. Cinq familles originaires d’Albanie, qui vivent ici sous des abris de fortune, l’accueillent joyeusement.

Michel Le Roy, bénévole du Cedis, note les besoins des habitants d'un campement où il se rend chaque semaine.Claire Burgain/SapienSapienS pour Le Media social

Accompagné d’une bénévole, il ouvre son coffre, dépose des cartons de nourriture et de vêtements au milieu des enfants qui courent sur le sol boueux. D’habitude accompagné d’un traducteur pour discuter plus facilement, comprendre les besoins, il doit aujourd’hui faire sans. Quelques gestes et mots d’anglais suffisent pour noter les demandes de couches et de lait pour bébé.

« Michel est une bonne personne, notez-le », insiste Eryon. Arrivé voici un an « pour avoir une belle vie », ce jeune de 27 ans va repartir car « elle ne vaut pas mieux que là-bas », faute de papiers, faute d’espoir. Peut-être reviendra-t-il tenter sa chance.

Campagne de « réquisitions »

Soutenir les habitants des campements illicites et des squats constitue l’une des activités du Collectif d’entraide et d’innovation sociale (Cedis), acteur devenu incontournable de l’hébergement à Toulouse depuis 2013.

L’aventure a commencé dans la foulée de la campagne « Zéro personne à la rue » menée par plusieurs collectifs en 2011, dont le Groupement pour la défense du travail (GPS).

Ils procèdent alors à des réquisitions de bâtiments vides, dont d’anciens locaux de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), où sont hébergées des personnes âgées précaires. Aujourd’hui le centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) la « Maison Goudouli » est solidement installé, emblème d’une mobilisation dont l’écho a résonné bien au-delà de la Ville rose.

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